La porte du garage de l’immeuble de condos de Griffintown était verrouillée, les caméras de sécurité fonctionnaient, et le vélo cargo de Kim Bruneau, une résidente, était solidement attaché à un support à vélos en acier à l’aide d’un cadenas haut de gamme.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Pourtant, peu après 8 h un samedi matin, quelqu’un s’est emparé du vélo que sa famille utilise comme principal moyen de transport en été.

«Il a attendu qu’une auto sorte, puis il s’est faufilé à l’intérieur avec ses outils; il a fait le tour de toutes les places de stationnement pour trouver, je suppose, le meilleur vélo, qui était le mien», a raconté Mme Bruneau.
«Il s’est dirigé directement vers lui, a coupé le cadenas et s’est enfui avec, laissant derrière lui son propre vélo volé.»
— Kim Bruneau
Les vélos cargo comme celui volé à Mme Bruneau sont très prisés par les voleurs. Ils peuvent coûter jusqu’à 13 000 $ et de nombreux immeubles ne disposent pas d’endroits sécurisés pour les entreposer.
Allo Vélo vend et loue des vélos cargo et Lamar Timmins, le copropriétaire, constate une demande croissante de la part des familles, mais aussi des entreprises et des municipalités qui cherchent à décarboniser leur flotte.
«Nous avons beaucoup de familles qui veulent rouler en toutes saisons, et c’est tout à fait faisable de nos jours», a-t-il dit.
«Mais nous ne voyons pas seulement des familles; nous voyons aussi des entreprises qui souhaitent décarboniser leur parc de véhicules et qui se tournent vers les vélos cargo. De nombreuses entreprises de livraison le font déjà, et surtout en été, dans les zones sans auto comme le Mont-Royal, Wellington et Verdun, il est beaucoup plus facile d’effectuer ses livraisons avec des vélos cargo plutôt qu’avec un camion.»

Des cibles de grande valeur
Cependant, des vélos de transport plus coûteux constituent autant de cibles supplémentaires pour les voleurs.
Magali Bebronne, porte-parole de Vélo Québec, a soutenu que les vols de vélos deviennent de plus en plus problématiques: l’époque où les voleurs repéraient les antivols bon marché ou absents pour voler des vélos vendus moins de 100 $ dans un prêteur sur gages appartient désormais au passé.
«La situation a changé parce que la valeur des vélos a considérablement augmenté, en particulier celle des vélos électriques et des vélos cargo électriques qui peuvent valoir plusieurs milliers de dollars et qui représentent un investissement considérable pour les ménages, voire les entreprises», a-t-elle indiqué.
Le Service de police de la Ville de Montréal a signalé 2156 vols de vélos en 2022. Ce nombre est passé à 2587 l’année suivante, puis à 2653 en 2025.
Au 31 juillet, 1180 Montréalais au total avaient signalé le vol de leur vélo.
Les experts recommandent d’utiliser un antivol robuste, des balises AirTag et d’enregistrer son vélo sur l’application Project 529, qui en conserve une trace et à laquelle la police peut accéder en cas de vol.
La communauté à la rescousse
Mme Bruneau a signalé le vol à la police et a publié une vidéo de l’incident sur les médias sociaux.
Elle a été partagée des milliers de fois sur Facebook.
«Je fais tout ce que je peux», a-t-elle dit. «Je suis allée dans tous les prêteurs sur gages, je leur ai montré des photos, j’ai expliqué ce qui s’était passé, alors je ne sais pas quoi faire d’autre, mais j’adore voir au moins la communauté se mobiliser. Et les gens qui veulent aider, parce que qui d’autre va le faire?»
Mme Bebronne et M. Timmins ont tous deux exprimé que faire appel à la collectivité était une excellente idée. Un vélo cargo volé chez Allo Vélo a été retrouvé parce que quelqu’un l’a reconnu et l’a signalé au magasin, a expliqué M. Timmins.
«Demander à la collectivité de vous aider et de rester à l’affût est un outil puissant, car c’est une chose qui s’est avérée très utile : faire passer le mot», a souligné Mme Bebronne.
«Ainsi, si les gens voient le vélo dans la rue, surtout s’il est très reconnaissable, ils peuvent vous aider à le retrouver.»
— Magali Bebronne, Vélo Québec
Des emplacements plus sécuritaires
Vélo Québec certifie les entreprises qui offrent des emplacements sécuritaires pour les vélos sur leur site. Magali Bebronne a déclaré que les promoteurs immobiliers et les urbanistes pourraient en faire davantage pour les cyclistes.
«La mise en place d’endroits sécuritaires pour les vélos est une responsabilité partagée», a-t-elle dit. «Les lieux de travail font déjà un très bon travail, et les promoteurs immobiliers doivent également s’engager dans cette voie… Quand on parle de vélos de transport ou de vélos électriques valant trois, cinq ou dix mille dollars, bien sûr, les gens ne les achèteront pas s’ils ne peuvent pas les entreposer dans un endroit sécuritaire; la ville peut donc aussi en faire davantage.»
M. Timmins a indiqué qu’il aimerait voir les villes s’inspirer de certaines tendances européennes, où l’on installe des «bike boxes» et des supports couverts pour offrir un niveau de sécurité supplémentaire.
«Je constate que dans beaucoup d’immeubles aujourd’hui, il s’agit littéralement d’un simple support à vélos dans l’un des stationnements, accessible à n’importe qui», a-t-il expliqué. «De nombreux promoteurs doivent y réfléchir, surtout s’ils souhaitent construire un nouvel immeuble au cœur du centre-ville. Il faut comprendre que certains de vos résidents n’auront pas de voiture; ils utiliseront principalement leur vélo. Offrir une solution plus sécuritaire à ces nouveaux résidents qui achètent un logement dans votre immeuble serait, à mon avis, une bonne initiative.»
Pour Mme Bruneau, la perte de son vélo a été un coup dur. Elle s’en servait pour aller, avec sa fille et ses chiens, rendre visite à sa mère, aller chercher des crèmes glacées et profiter des nombreux kilomètres de pistes cyclables de la ville.

«Dès que nous avons ouvert la porte du garage, elle m’a dit: “Maman, où est notre vélo?” Et j’ai eu le cœur serré à cet instant, parce qu’Ella l’adore tellement, et c’est vraiment difficile d’expliquer à une enfant de trois ans que quelqu’un pourrait, vous savez, voler», a indiqué Mme Bruneau.
«Ce n’est pas seulement notre vélo, c’est aussi le souvenir qui y est lié.»
— Kim Bruneau

