Patrouille

Le commissaire à la déontologie policière ouvre une enquête concernant Montréal-Nord

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Le poste de quartier 39 de la police de Montréal, photographié à Montréal, le samedi 13 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Le poste de quartier 39 de la police de Montréal, photographié à Montréal, le samedi 13 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes (Graham Hughes)

MONTRÉAL — Le commissaire à la déontologie policière du Québec a ouvert une enquête sur des allégations de comportements racistes de la part d’agents dans l'arrondissement multiculturel de Montréal-Nord.

Le bureau du commissaire a indiqué dans un courriel que l'enquête déontologique avait été ouverte le 26 juin à la demande du ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière.

Le bureau du commissaire a refusé de révéler les détails de l'enquête à ce moment, affirmant que «la confiance du public commande du Commissaire un devoir de réserve et un comportement empreint d’indépendance, d’impartialité et d’objectivité».

Toutefois, si des policiers sont cités à comparaître devant le Tribunal administratif de déontologie policière, cette information sera rendue publique, a précisé le bureau.

Selon le site web du commissaire à la déontologie, ces enquêtes peuvent aboutir au rejet d’une plainte ou à son renvoi à un procureur, qui déterminera si des poursuites sont justifiées.

Le SPVM a déclaré dans un courriel que le commissaire «peut compter sur la pleine et entière collaboration du Service de police de la Ville de Montréal dans son enquête».

Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a annoncé le 12 juin que la police avait retiré 16 agents de leurs fonctions de patrouille, dont deux ayant été suspendus et faisant l’objet d'un examen par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à la suite des allégations d'inconduite.

Parmi les allégations figurait notamment le fait de conserver des mèches de cheveux de citoyens issus de minorités ethniques comme des «trophées».

Dans une mise à jour vidéo envoyée à une liste de diffusion interne le 19 juin, à laquelle La Presse Canadienne a eu accès grâce à une demande d’accès à l’information, M. Dagher a indiqué que trois agents avaient été suspendus et faisaient l’objet d’une enquête pénale. Il a ajouté que trois autres avaient été réaffectés à des tâches administratives et que dix avaient été mutés vers d’autres unités.

Le service des relations avec les médias de la police de Montréal n’a pas clarifié cette divergence dans les chiffres, indiquant que M. Dagher ferait le point lors d’une réunion publique prévue le 11 août.

Dans son discours enregistré, M. Dagher a exhorté tous les agents susceptibles d’avoir connaissance de cas d’inconduite à les signaler.

Maxime Tardif, un porte-parole de M. Lafrenière, a indiqué que le ministre attendrait le déroulement de l’enquête avant de faire d’autres commentaires.

La Coalition rouge, un groupe de pression voué à la lutte contre le profilage racial, avait déposé sa propre plainte auprès du commissaire dix jours avant que M. Lafrenière ne demande l’ouverture de l’enquête.

Un courriel envoyé à Alain Babineau, de la Coalition rouge, et consulté par La Presse Canadienne, indique que le commissaire a clos le dossier de l’organisation après la demande de M. Lafrenière, invoquant le soin de se garder de multiplier les démarches d’enquête qui viseraient l’atteinte d’un même objectif.

C’était la première fois que M. Babineau entendait parler d’une enquête, mais il s’est dit heureux qu’elle ait été ouverte.

«Nous espérons que cette fois-ci, l’enquête sera approfondie, qu’elle portera sur l’ensemble du système, et que le tribunal ou le commissaire à l’éthique de la police jugera bon de citer ces agents reconnus responsables d'infractions. Peut-être que cela ira même au-delà des seize agents», a-t-il affirmé.

Cette enquête déontologique s’ajoute à une enquête interne menée par la police de Montréal, qui pourrait également déboucher sur des poursuites pénales et d’autres mesures disciplinaires. Le 20 juin, M. Lafrenière a chargé l’avocate Anne-Marie Boisvert de superviser cette enquête.

Le DPCP examine également s'il y a lieu de porter des accusations.

Des organisations de défense de la justice sociale de Montréal-Nord et certains députés de l’opposition à l’Assemblée nationale du Québec ont réclamé la tenue d’une enquête publique en plus des enquêtes en cours.

Erika Morris, La Presse Canadienne