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L'arrestation d'un homme avec 66 cartes bancaires a lancé une enquête nationale

Une enquête sur un réseau national de vente illicite de cannabis et de champignons hallucinogènes en ligne a été lancée.

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Échantillon de cannabis découvert à Fenwick, en Ontario, le 26 juin 2018. La Presse Canadienne (Tijana Martin)

L’arrestation par la police de Vancouver d’un homme en possession de 66 cartes bancaires et de plus de 39 000 $ en espèces a donné lieu à une vaste enquête menée depuis plusieurs années par la GRC sur un réseau national de vente illicite de cannabis et de champignons hallucinogènes sur Internet.

Une action en justice intentée par le directeur des confiscations civiles du gouvernement de la Colombie-Britannique allègue qu’une organisation criminelle se cache derrière ces sites web, et un groupe de titulaires de comptes est accusé d’avoir transféré plus d’un million et demi de dollars sur ces comptes sur une période de trois ans.

Cependant, aucune poursuite pénale n’a été engagée contre les prévenus, et les sites web visés par les enquêteurs restent en ligne, proposant une large gamme de produits.

La plainte indique que l’argent provenait de ventes illicites réalisées entre novembre 2024 et janvier 2026, grâce à des milliers de virements électroniques vers des dizaines de comptes.

Trois titulaires de comptes sont accusés d’avoir été «directement impliqués» dans le blanchiment des fonds présumés issus du trafic de drogue, selon la déclaration sous serment du sergent Robin Critchley à l’appui de l’action en justice.

Le policier décrit comment l’argent versé par les acheteurs sur ces sites web suivait un processus en plusieurs étapes, commençant par un virement électronique.

«Une fois que les clients ont sélectionné et acheté les produits illicites en ligne, on leur fournit une adresse de courriel à laquelle envoyer un virement électronique avant qu’ils ne puissent recevoir les produits illicites», explique-t-il.

«Le gestionnaire qui reçoit ces virements électroniques peut choisir le compte bancaire sur lequel les fonds seront versés ; ceux-ci sont généralement acheminés vers divers comptes d’entreprises constituées au niveau fédéral, puis transférés vers les comptes bancaires personnels de particuliers.»

Trois titulaires de comptes — le couple marié James Sherbuck et Rosa Mohammadi, ainsi que Noah Eves — sont accusés par le gouvernement d’avoir transféré plus de 1,5 million $ provenant de ces ventes illicites de novembre 2024 à janvier 2026, en utilisant des «milliers» de virements électroniques vers des dizaines de comptes.

M. Sherbuck et Mme Mohammadi ont déposé une réponse à la plainte, niant que les fonds provenaient d’activités illégales. Mme Mohammadi a raccroché lorsqu’on l’a contactée par téléphone. M. Eves, âgé de 23 ans et se présentant comme ingénieur du son, n’a pas répondu aux courriels ni aux messages laissés sur sa boîte vocale.

Le ministère de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique précise que les procédures de confiscation civile ne relèvent pas du droit pénal, mais constituent des actions civiles visant des biens présumés provenir d’activités illégales, et n’impliquent pas la constatation d’une culpabilité pénale.

Des «rapports d’intervention» de la police joints à la plainte montrent également que des agents de l’Unité de sécurité communautaire de la province — chargée de lutter contre les activités illégales liées au cannabis — ont inspecté un entrepôt situé sur la rue Roy à Burnaby en juillet 2025 dans le cadre de l’enquête.

Le rapport indique que plus de 200 kilogrammes de cannabis séché ont été saisis dans cet entrepôt, où ont également été découverts des extraits et des produits à base de psilocybine, ainsi que du matériel d’expédition et d’emballage.

«Bien que l’entrepôt ne présentât pas l’organisation propre à un centre de distribution professionnel légitime, le bâtiment était manifestement utilisé pour la distribution commerciale de cannabis», précise le rapport d’intervention.

Entre-temps, des agents infiltrés avaient commandé des produits sur ces sites internet en effectuant des virements électroniques vers des adresses de courriel ciblées par les enquêteurs.

Les ordonnances de production obtenues par la police ont révélé que plus de 20 adresses de courriel avaient reçu des virements totalisant plus de 1,1 million $ du 28 novembre 2024 au 23 janvier 2026, les fonds ayant été versés sur des comptes appartenant à divers prévenus, particuliers et entreprises.

Des ordonnances judiciaires rendues ce mois-ci ont gelé les fonds sur plusieurs comptes bancaires, y compris des comptes d’investissement en ligne Wealthsimple.

La plupart des défendeurs cités n’ont pas déposé de réponse à la plainte, manquant les délais fixés par le tribunal et se voyant condamner par défaut.

L’une des entreprises défenderesses identifiées par un numéro, 16813704 Canada Inc., a déposé une réponse dans laquelle elle nie avoir connaissance des allégations, détenir des actifs ou même posséder un compte bancaire au Canada.

Cette entreprise, dont l’adresse est située à Prince George, en Colombie-Britannique, compte parmi ses administrateurs une personne dont le profil LinkedIn indique qu’il occupe le poste d’adjoint du shérif au tribunal de Prince George. Des appels à son intention sont restés sans réponse.

La GRC a refusé de commenter cette affaire.

«L’enquête étant en cours, la Région du Pacifique de la GRC n’est pas en mesure de fournir davantage de détails pour le moment.»