Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devrait de nouveau enregistrer en 2026 un taux de résolution des meurtres supérieur à la moyenne, comme en 2025.
À 81%, le taux de résolution des meurtres en 2025 était nettement supérieur à la moyenne, qui, selon la commandante de l’Unité des crimes majeurs, Mélanie Dupont, s’établit autour de 65% depuis une dizaine d’années.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
En 2026, seuls deux meurtres sur les 10 n’ont pas été résolus, ce qui signifie que la résolution des meurtres se situe actuellement au même niveau qu’il y a un an.
Voici les deux affaires non résolues:
Fusillade à LaSalle
Le 25 février, un homme de 25 ans a été abattu à l’angle de la rue Broadway et de la 7e Avenue, dans le quartier de LaSalle.
Il s’agissait du 2e meurtre de l’année à survenir sur le territoire. Les autorités ont rapporté que la victime était connue des services de police.
Fusillade dans un parc
Le 3 juin, un homme de 22 ans a été abattu dans le parc Turin, situé à l’angle de la rue Castelnau Est et de la rue Lanaudière.
Il s’agissait du 10e meurtre sur les 10 recensés cette année.
«Pas de formule magique »
Bien que le taux de résolution des meurtres se soit amélioré, Mélanie Dupont a souligné qu’un seul événement, comme l’incendie criminel du Vieux-Montréal en 2024, qui avait fait sept morts, pouvait rapidement faire basculer les chiffres.
«Il n’y a pas de formule magique», a-t-elle dit. «C’est le dévouement de nos enquêteurs, la qualité de notre travail de police scientifique et une collaboration étroite entre de nombreuses unités spécialisées.»
Elle a ajouté que les premiers instants sont les plus importants. Si les témoins coopèrent, les enquêteurs peuvent reconstituer le puzzle à l’aide d’enregistrements vidéo, de preuves médico-légales et d’autres éléments.
Selon la Sûreté du Québec (SQ), la plupart des meurtres non résolus ou «affaires classées» dans la province sont liés au crime organisé.

Mme Dupont a expliqué qu’il fallait disposer de preuves solides pour arrêter un suspect.
«Nous y travaillons d’arrache-pied, mais cela reste le plus difficile, car parfois ce sont les preuves qui font défaut, parfois la technologie n’est pas à la hauteur», a-t-elle affirmé. «Il se peut que les témoins hésitent à se manifester, que les preuves soient limitées, ce qui rend difficile l’identification d’un suspect, et nous avons besoin de preuves pour l’accuser.»
Elle a précisé que les enquêteurs travaillaient en permanence sur des affaires non résolues et que son équipe n’abandonnait jamais une affaire par manque de preuves ou pour toute autre raison.
«Nous n’oublions jamais, et je veux résoudre chaque affaire», a précisé Mme Dupont. «Mon unité souhaite apporter des réponses à toutes les familles.»
N’importe quelle information, aussi insignifiante qu’un témoin puisse la juger, pouvait permettre de faire avancer une affaire, a-t-elle mentionné.
«Chaque détail compte, alors même les personnes qui disent : “Ah, je ne pense pas que ce soit important”, n’hésitent pas à nous appeler, et nous analyserons la situation dans son ensemble», a-t-elle dit. «C’était peut-être l’élément clé qui nous avait échappé.»
L’importance des preuves
Selon le SPVM, l’année 2026 est jusqu’à présent exceptionnelle en raison de la rapidité avec laquelle les meurtres ont été résolus.
Les taux d’élucidation dans d’autres grandes villes, comme Toronto, sont également en hausse, a précisé Mme Dupont.
Ce taux dépend des facteurs suivants:
- La complexité de l’affaire
- La présence de caméras de surveillance
- Les preuves vidéo issues de téléphones portables
- Les témoins et leur éventuelle coopération
- La quantité et la qualité des preuves
Le SPVM compte environ 800 meurtres non élucidés. Environ 600 d’entre eux remontent à avant l’an 2000.
