La Gendarmerie royale du Canada (GRC) est débarquée en force aux installations de Lion Électrique, vers 10h00 mercredi, à Saint-Jérôme pour y mener une série de perquisitions.
«On a reçu plusieurs plaintes de plus d’une centaine d’investisseurs», a expliqué la porte-parole de la GRC, la caporale Martina Pilarova. «On a commencé l’enquête en février 2025. Il s’agit d’une enquête en matière de fraude à l’investissement.»
La policière a toutefois pris soin de préciser que «cette opération est en lien avec des activités passées de l’entreprise. On ne vise pas la nouvelle entreprise avec le nouveau propriétaire. Ce sont vraiment des activités passées.»
Selon la caporale Pilarova, «la perquisition pourrait durer plusieurs jours compte tenu de la grandeur des installations. Il n’y aura pas d’arrestation ni dépôt d’accusation à ce stade-ci de l’enquête.»

Faillite et reprise
Les anciens propriétaires de Lion Électrique s’étaient placés sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) à la fin de 2024 en raison d’une situation financière précaire. Le constructeur d’autobus scolaires électriques avait ensuite été racheté par un groupe de gens d’affaires québécois au printemps 2025.
L’entreprise et surtout ses anciens dirigeants sont visés par une demande d’action collective déposée par des petits investisseurs qui estiment avoir été mal informés à l’époque où l’entreprise était cotée en bourse. Ces petits actionnaires, qui avaient tout perdu, estiment avoir été trompés par certaines informations provenant des dirigeants de l’entreprise. L’État québécois, lui, qui avait soutenu Lion Électrique dans le cadre du développement de la filière batterie, a perdu 140 millions $.
Délit d’initié
Le 13 octobre dernier, l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiait un communiqué révélant qu’elle avait conclu en entente avec un investisseur, Claude Roy, en lien avec une enquête de l’AMF «portant sur la communication et l’usage d’informations privilégiées aux titres de La Compagnie Électrique Lion en violation de la Loi sur les valeurs mobilières».
L’AMF expliquait dans ce communiqué que le Tribunal administratif des marchés financiers avait entériné l’entente et imposé à Claude Roy une «pénalité administrative» de près de 1,11 million $ tout en lui interdisant de transiger sur les marchés financiers ou d’agir à quelque titre que ce soit dans le domaine pour une période de deux ans.
Claude Roy avait admis avoir réalisé des opérations sur les titres de Lion en novembre et décembre 2024 alors qu’il disposait d’informations privilégiées en lien avec un processus pour l’acquisition de cette société et de sa mise sous protection projetée en vertu de la LACC.
Claude Roy a ainsi réalisé neuf transactions de vente d’actions afin d’éviter une perte de près de 800 000 $.

