Patrouille

La détresse d’une mère après l’agression de son ado dans une école de Saint-Jean-sur-Richelieu

Une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montre son fils se faire frapper au visage. La police est intervenue, mais sa mère craint maintenant son retour en classe en raison de la façon dont l’école traite le dossier. Témoignage.

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Victime agression Saint-Jean-sur-Richelieu Février 2026 (Courtoisie)

Une mère de famille de Saint-Jean-sur-Richelieu dont le fils a été agressé physiquement à l’école secondaire Joséphine-Dandurand déplore la façon dont est traité son adolescent par l’établissement.

L’adolescent de Sandra*, un jeune de 3e secondaire, a été frappé d’un coup de poing en plein visage par un autre élève jeudi dernier sur l’heure du dîner.

Des témoins de la scène ont capté le tout sur des vidéos avec leur téléphone et au moins une d’entre elles circule maintenant sur les réseaux sociaux.

La vidéo montre très bien un adolescent asséner un coup de poing au visage du fils de Sandra.

La police de Saint-Jean-Sur-Richelieu a d’ailleurs confirmé vendredi à Noovo Info avoir reçu un appel autour de 12h30 jeudi pour un dossier de voies de fait à l’école Joséphine-Dandurand.

Le Centre de services scolaire des Hautes-Rivières a confirmé par courriel être «toujours à faire la lumière sur la situation».

C’est autour de 13h jeudi que l’école aurait téléphoné à Sandra pour lui signaler que son fils n’allait pas bien, qu’il y avait eu une altercation à l’école, et qu’elle devait venir le chercher. Ce qu’elle fait.

«Mon enfant était tout en pleurs, le visage enflé, […] j’étais hors de moi de voir mon fils dans cet état», a-t-elle confié vendredi à Noovo Info.

Un épisode de racisme?

Sandra affirme que c’est une fois rendue à l’école qu’elle apprend, de la part d’une membre du personnel, qu’une élève s’en était pris à son fils la veille.

L’élève aurait insulté l’adolescent, le traitant de «singe» et avec le mot en «n»; l’aurait aspergé de parfum en lui disant «tu pues» et lui aurait jeté des papiers au visage. L’élève lui aurait aussi dit à plusieurs reprises: «Tu n’a rien à faire ici, rentre chez toi».

Selon ce qui a été raconté à la mère, son fils aurait été agacé par les propos et les gestes de l’élève et il aurait bousculé la table à proximité de la jeune fille et cette dernière se serait plainte d’une blessure au ventre.

Des intervenants auraient pris la situation en main, sans aviser les parents des élèves concernés.

C’est le lendemain, sur l’heure du midi, que l’adolescent à croisé le chemin de l’élève qui l’aurait agressé verbalement et physiquement la veille.

L’élève était en compagnie de plusieurs garçons qui auraient rapidement encerclé le fils de Sandra. «La fille lui aurait dit: “Soit il te frappe, ou si tu essaie de t’enfuir, tous les autres vont te frapper, fais ton choix”», rapporte-t-elle.

Selon Sandra, un ami de son fils est venu à son secours et a pu le retirer de la foule pour le conduire en sécurité.

L’ami en question aurait affirmé à la mère que certains des élèves présents possédaient des couteaux. Cette information n’a pas pu être vérifiée par Noovo Info.

La police aurait été appelée par l’une des personnes ayant assisté à la scène.

Que fait l’école? La mère craint un retour en classe difficile

Si Sandra prévoit un retour en classe lundi pour son fils, elle le fait avec beaucoup d’inquiétude.

La direction de la polyvalente Joséphine-Dandurand aurait parlé de sanctions pour les jeunes fautifs, notamment de jours d’expulsion, sans plus.

La direction aurait demandé à rencontrer Sandra et son fils, ce que le Centre de services scolaire des Hautes-Rivières n’a pas validé: on refuse de donner les détails de cette histoire en raison du «caractère confidentiel» du dossier.

«À quoi ça sert de me parler quand on offense mon enfant? Mon enfant est blessé, je suis outrée. Mon enfant se sent intimidé et vous voulez me parler à moi?», a déploré la mère.

Le CSS s’est contenté d’écrire à Noovo Info: «Nous sommes toujours à faire la lumière sur la situation et nos interventions auprès des élèves concernés se poursuivent».

Le Centre de services scolaire précise «que toute situation de violence est prise très au sérieux et que nos actions s’inscrivent rigoureusement dans le cadre de notre Plan de lutte contre l’intimidation et la violence».

«Les autres parents sont tranquilles chez eux. Les autres enfants auront un jour ou deux d’exclusion. Qu’est-ce que j’ai comme sécurité pour mon fils?»

—  Sandra, mère d'un ado victime d'une agression à l'école secondaire Joséphine-Dandurand

Sandra voudrait que l’école aille plus loin et qu’elle convoque une rencontre avec les parents des élèves concernés par cette histoire.

«Je sais que je n’ai pas le droit de rencontrer les enfants, mais je voudrais rencontrer les parents», souhaite-t-elle tout haut. «J’aimerais qu’ils essaient à leur niveau; à l’école ils font ce qu’ils peuvent. J’aimerais que le parent sache ce qu’on enfant a fait, qu’à son niveau, il parle à son enfant…»

Sandra se dit aussi surprise du peu d’aide offert à son adolescent et à la famille et de l’absence de mesure pour assurer la sécurité de ce dernier alors qu’il continuera à côtoyer ses agresseurs - et ceux qui ont participer à l’agression en filmant ou en demeurant silencieux.

«Est-ce que je vais attendre que ça se répète, que mon enfant vive ça une deuxième fois?», s’est interrogé Sandra, en pleurs.

L’école et la police auraient souligné à Sandra que si son fils ne sentait pas en sécurité à l’école, il était libre de changer de lieu d’enseignement.

Ces propos ont choqué la mère de famille.

«C’est bien beau qu’on m’offre ça... de savoir que mon enfant est intimidé et que c’est à lui de changer d’école…»,déplore-t-elle.

Une plainte à la police?

L’adolescent n’a pas fait de déclaration à la police le jour même des événements, préférant se rendre à l’hôpital où on lui a fait passer des radiographies à la tête et au visage.

Le jeune songerait maintenant à porter plainte officiellement, selon sa mère.

«Il sont rendus à publier des vidéos sur les réseaux sociaux», raconte Sandra toujours en larmes. Il faudrait qu’un à moment, ça s’arrête.»

Précision

Note de la rédaction: Noovo Info omet de divulguer le nom de famille de Sandra pour la sécurité de son fils. Pour plus d’information, consultez les normes éditoriales de Noovo Info. https://www.noovo.info/nouvelle/normes-politiques-editoriales-noovo-info.html