Dans une vidéo virale qui circule sur les réseaux sociaux et montre une intervention survenue à l’été 2025, on entend un certain Mohamed Bekkali injurier lourdement une agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans son processus pour lui décerner une contravention.
Maintenant, ce conducteur de 24 ans tente d’orienter le débat vers la liberté d’expression et la brutalité policière, tandis que la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM), elle déplore le manque de pouvoir de ses membres devant pareilles situations.
«Mes mots, qu’ont-ils fait?»
Mohamed Bekkali a diffusé mardi plusieurs vidéos sur TikTok dans lesquelles il dénonce que la brutalité policière «met fin à des vies et laisse des séquelles autant physiques que psychologiques».
Après avoir traité l’agente de «sale pute» et de «sale chienne» à de nombreuses reprises et l’avoir menacée de faire d’elle son «esclave» dans une intervention qui date d’il y a plusieurs semaines, l’homme exprime aujourd’hui son dégoût.
«Mes mots, qu’ont-ils fait?» a écrit Bekkali, en évoquant la mort du jeune Nooran Rezayi, décédé dans une intervention impliquant le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) en septembre 2025, événements qui ont fait l’objet d’une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).
«Ainsi, la liberté d’expression vous dérange plus que les brutalités policières dont les victimes sont soit traumatisées à vie ou ne sont plus de ce monde, comme dans le cas du petit Nooran Rezayi?», se demande-t-il à l’écrit.
Un homme connu des milieux policiers et une vidéo «répugnante» dans un «mouvement» de misogynie
Or, dans la vidéo de l’intervention de la policière auprès de Bekkali, l’agente ne montre aucun signe apparent d’impatience ni d’agressivité, si ce n’est qu’elle fronce les sourcils à un moment en entendant les propos injurieux du conducteur.
Le sang-froid dont elle fait preuve tandis qu’elle applique la réglementation concernant les vitres de voitures a été salué par des usagers qui ont commenté la publication d’une copie de la vidéo sur un compte appelé Secret Mag, sur Facebook.
La FPPM n’a toutefois pas l’intention de «laisser passer cet incident» qui témoigne d’une «montée de la misogynie en Amérique du Nord», «malgré que notre policière agit de façon très professionnelle», a commenté le président Yves Francoeur dans un entretien avec Noovo Info, mardi.
Ses propos trouvent écho dans ceux prononcés par le chef du SPVM, Fady Dagher, questionné sur le sujet la veille lors d’une annonce du ministère fédéral des Finances en matière de lutte contre la criminalité.
«Je salue avant tout la retenue émotionnelle et intellectuelle de ma policière», a souligné M. Dagher, la qualifiant d’«excellente ambassadrice».
«Ceci dit, c’est inacceptable», a-t-il toutefois continué en qualifiant la vidéo de «répugnante».
«Cette vidéo traduit clairement le masculinisme qui est dans un mouvement.»
— Fady Dagher, chef du SPVM
Pas de contravention pour les insultes envers les policiers à Montréal
Qu’en feront vraiment les autorités? Bekkali, 24 ans, a reçu une contravention en lien avec l’intervention de l’été 2025 et a un dossier de justice municipale assez épais dans les bureaux de quelques villes du grand Montréal, incluant sur l’île, mais aussi de Deux-Montagnes à Mascouche, en passant par Longueuil et Laval, jusqu’à Blainville et Saint-Jérôme.
Par exemple, à Longueuil, on l’a déclaré coupable en septembre 2025 dans une affaire de cris, injures, blasphèmes et menaces survenue en mai la même année – on lui a décerné une amende de 100 $ attriquée de 128 $ en frais. Ce genre de comportement lui aurait valu des pénalités dans d’autres villes comme Gatineau, Saguenay, Saint-Hyacinthe…
Mais ce n’est pas quelque chose qui pourrait se produire à Montréal: il n’y a pas de règlement en ce sens.
Le SPVM l’a demandé à plusieurs administrations municipales pour des règles, et la FPPM a déjà fait des revendications pour une législation provinciale qui proscrirait les injures et insultes envers les policiers par le passé.
«Malheureusement, notre suggestion n’a pas été retenue», déplore Yves Francoeur de la FPPM.
Est-ce que le portrait pourrait changer au niveau municipal? «La mairesse [de Montréal, Soraya Martinez Ferrada,] et moi sommes en lien», s’est contenté de dire Fady Dagher lundi.
Avec de l’information d’Axel Dansereau Macias pour Noovo Info.
