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Incendie dans un centre de recyclage de métaux dont le permis d’opération a été révoqué

L’entreprise américaine propriétaire du terrain où s’est déroulé l’incendie s’est vu retiré son permis d’opération le jour même où l’incendie a éclaté.

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Incendie majeur dans un centre de recyclage de métaux Le Service d’incendie de Montréal (SIM) a lutté jeudi contre un incendie dans un centre de recyclage de métaux situé dans l’est de la métropole appartenant à l’entreprise American Iron & Metal (AIM), reconnue pour avoir enfreint des règlements environnementaux.

Le Service d’incendie de Montréal (SIM) a lutté jeudi contre un incendie dans un centre de recyclage de métaux situé dans l’est de la métropole appartenant à l’entreprise American Iron & Metal (AIM), reconnue pour avoir enfreint des règlements environnementaux.

La Direction régionale santé publique de Montréal (DRSPM) a confirmé en matinée que la qualité de l’air dans plusieurs secteurs de la métropole s’était dégradée en raison de la fumée.

Un important panache de fumée blanche a occupé le ciel de Montréal pendant une bonne partie de l’avant-midi. Le SIM a d’ailleurs dépêché 24 camions et 55 pompiers ont combattu l’incendie, qui a été maitrisé en début d’après-midi.

La fumée s’est dirigée vers le sud mais celle-ci se dissipait «rapidement dans l’atmosphère sans atteindre les infrastructures en périphérie du site de l’entreprise AIM», a indiqué Urgence-Environnement (U-E), qui a été déployé sur le terrain.

«En raison d’un incendie dans une cour de recyclage de pièces automobiles située à proximité de l’autoroute 40, dans l’est de l’île de Montréal, la qualité de l’air est présentement affectée dans plusieurs secteurs», a souligné la santé publique montréalaise qui a recommandé de rester à l’intérieur si l’on remarquait la présence de fumée ou si des symptômes apparaissent en raison de celle-ci.

Incendie dans un parc de recyclage de métaux à Montréal Le Service d’incendie de Montréal (SIM) lutte actuellement contre un incendie dans un parc de recyclage de métaux situé dans l’est de la métropole. La Santé publique de Montréal a confirmé que la qualité de l’air dans plusieurs secteurs de Montréal s’était dégradée en raison de la fumée.

Urgence-Environnement a toutefois indiqué qu’aucun confinement ou évacuation n’avait eu lieu dans les secteurs affectés par la fumée.

La ministre québécoise de l’Environnement, Pascale Déry, s’est d’ailleurs faite rassurante et a affirmé que «les risques d’émanation de contaminants étaient contenus».

Selon l’outil en ligne IQAir, la qualité de l’air à Montréal était «bonne» en milieu d’après-midi. Aucune alerte n’était en vigueur le sud du Québec où se serait dirigé la fumée.

Une batterie serait en cause

L’incendie s’est déclenché sur le site commercial qui est situé à l’angle des boulevards Henri-Bourassa et Rodolphe-Forget vers 5h45. Personne n’a été blessé.

Selon le SIM, les flammes auraient vraisemblablement pris vie dans une batterie à lithium qui se trouvait dans un véhicule et se seraient propagées dans un amas de ferraille.

Des odeurs nauséabondes étaient perceptibles dans plusieurs quartiers de l’ouest de Montréal, mais aussi en Montérégie.

Le permis d’opération retiré par Montréal

Pure coïncidence, la Ville de Montréal a confirmé jeudi que le permis d’exploitation avait été révoqué à AIM.

Dans une lettre envoyée à l’entreprise à 8h00 jeudi, la Ville souligne que le retrait du permis est notamment dû aux dépassements de biphényles polychlorés (BPC), de particules et de métaux qui continuaient d’être «mesurés à la limite de propriété du site de l’entreprise».

«Des analyses indépendantes menées pour la Ville démontrent en effet une corrélation entre les BPC, le fer, l’arsenic et les particules provenant du site d’AIM», précise la Ville.

Les autorités municipales exigeaient en 2025 qu’AIM fournisse un plan «clair» afin de se conformer à la réglementation en plus de respecter «les valeurs limites» des rejets dans l’air.

Les documents transmis par l’entreprise n’ont toutefois pas prouvé que des modifications aux procédés permettraient de satisfaire les «exigences requises au règlement [sur les rejets à l’atmosphère]».

En entrevue avec Noovo Info, Chantal Rouleau qui est ministre responsable de la métropole et de la région de Montréal, a indiqué qu’elle avait déjà eu des discussions au sujet de l’entreprise.

«Ce sont des contrevenants, des gens qui ne veulent pas respecter les règles. À un moment donné, ça suffit!», a déclaré Mme Rouleau.

Selon le quotidien La Presse, AIM a reçu 18 sanctions de la part du ministère de l’Environnement entre 2012 et 2014. La direction de l’entreprise n’a pas répondu à la demande d’entrevue de Noovo Info.

Avec de l’information de Rachel Lau, CTV News