Patrouille

L’agent Benredouane honoré dans un imposant cortège funèbre à Montréal

«Mohamed Lamine Benredouane, un homme qui avait choisi de servir, un homme qui avait choisi de protéger sa communauté et il l’a fait jusqu’à l’ultime sacrifice.»

Mis à jour le 

Publié le 

Un portrait de Mohamed Lamine Benredouane, policier montréalais tombé dans l'exercice de ses fonctions, est visible lors de ses funérailles à Montréal, le mardi 7 juillet 2026. Un portrait de Mohamed Lamine Benredouane, policier montréalais tombé dans l'exercice de ses fonctions, est visible lors de ses funérailles à Montréal, le mardi 7 juillet 2026. (Christopher Katsarov/The Canadian Press)

L’agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Mohamed Lamine Benredouane a été honoré, mardi, par des diginitaires et des collègues de partout au pays, moins de deux semaines après être tombé sous les balles d’un tireur. 

Un imposant cortège funéraire s’était rendu au Centre Bell, en matinée, en vue d’une cérémonie qui s’est ouverte à l’heure du midi.

M. Benredouane a perdu la vie lors d’un échange de tirs avec un tireur actif, près d’un hôtel dans le quartier Côte-des-Neiges, le 22 juin. 

«Mohamed Lamine Benredouane, un homme qui avait choisi de servir, un homme qui avait choisi de protéger sa communauté et il l’a fait jusqu’à l’ultime sacrifice», a affirmé la première ministre Christine Fréchette avant la cérémonie.

«Je veux souligner à quel point son courage aura permis de sauver des vies, aura permis d’éviter une tragédie probablement beaucoup plus grande.»

Le cortège a commencé à se déplacer vers le Centre Bell peu après 10 h. Une trentaine de policiers à moto de services de police de toute la province a ouvert la marche, qui faisait suite à un cortège de joueurs de cornemuses et de tambours, habillés en tartan.

Le képi de l’agent Benredouane était porté par un policier en uniforme du SPVM, derrière un arrangement floral. La famille et des proches vêtus de noir marchaient derrière, en silence et en larmes pour plusieurs. 

Ce képi a été reconnu pendant la cérémonie et a été installé à l’avant de la scène, à côté de fleurs, de chandelles et de la photo de l’agent.

Plusieurs autres politiciens étaient présents sur les lieux, dont la mairesse de Montréal, Soraya Martinez-Ferrada.

En vue de la cérémonie, le chef libéral Charles Milliard a souligné l’importance pour le gouvernement du Québec de «prendre soin» des forces de l’ordre.

«Ce sont des hommes et des femmes qui décident de prêter leur vie (...) alors on doit être respectueux et on doit les protéger, c’est le rôle des politiciens d’avoir ce discours-là.»

«C’est important d’être là et d’écouter les hommages et de démontrer notre solidarité dans les circonstances», a renchéri le député péquiste Pascal Bérubé.

Le SPVM a aussi invité la population à se joindre à cet hommage afin d’honorer la mémoire de l’agent Benredouane et de témoigner son soutien à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté policière. Il est aussi possible de suivre la cérémonie en direct sur la chaîne YouTube du SPVM.

La mairesse de Montréal propose d’ailleurs aux citoyens de signer un livre de condoléances pour exprimer leur soutien à la famille, aux proches, et aux collègues de M. Benredouane. Le livre a été mis à la disposition du public dès mardi à l’hôtel de ville de Montréal, et y sera disponible jusqu’à vendredi. 

Une cérémonie privée s’est tenue au Centre islamique du Québec, le 24 juin, mais M. Dagher dit avoir exprimé à la famille le souhait de tenir une cérémonie d’hommage publique.

«On leur a expliqué que nous aussi avons besoin de nous recueillir. De pleurer avec eux, de pleurer entre nous, de pleurer Mohammed, et ils ont accepté immédiatement», a dit le chef de police en matinée.

Le SPVM est «résilient»

L’agent Benredouane s’était joint au SPVM en 2021. Il est le premier agent du SPVM depuis 24 ans à mourir dans l’exercice de ses fonctions. Le dernier était Benoît L’Écuyer, décédé dans un échange de tirs en 2002. Fady Dagher se souvient d’avoir assisté à ses funérailles et d’y avoir pleuré.

En plus du policier, la fusillade a également coûté la vie à Michel Moshe Mizrahi, un passant de 68 ans. Le tireur présumé, identifié comme étant Scott Hatfield, a été abattu par la police. Des cérémonies funéraires distinctes ont été organisées le 24 juin en l’honneur de M. Mizrahi.  

Fusillade à Montréal: des cérémonies funéraires à la mémoire de deux victimes Les cérémonies funéraires ont eu lieu pour rendre hommage au policier et au citoyen tués lundi lors de la fusillade survenue à Montréal.

Le tireur, un homme de 25 ans originaire de Lethbridge, en Alberta, aurait laissé derrière lui un manifeste exprimant sa haine envers les femmes et appelant à la violence.

Le corps de police est «profondément ébranlé», certes, mais il est résilient, soutient M. Dagher. «La force du SPVM, c’est sa résilience. Mohammed aurait beaucoup aimé qu’on réagisse de cette manière. Par cette manière de rebondir rapidement, et de continuer à protéger et servir, comme il l’a fait tout au long de son service». 

Avec des informations de Julia Myles