Le chef de la police de Toronto s’est exprimé au sujet des trois agents hors service qui ont été accusés en Espagne à la suite d’un «grave» incident.
S’exprimant mercredi dans l’émission Moore in the Morning sur Newstalk 1010, le chef Myron Demkiw a abordé pour la première fois ces accusations et a confirmé que les agents avaient été suspendus avec solde.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«J’ai confirmé leur suspension. Nous nous efforçons de prendre contact avec la police espagnole afin d’obtenir les détails dont nous avons besoin pour entamer nos procédures», a-t-il dit, précisant que les trois agents sont désormais de retour au Canada.
Les détails de l’incident n’ont pas été rendus publics. Selon La Presse canadienne, trois agents de police canadiens en vacances à Barcelone ont été arrêtés pour agression sexuelle présumée et voies de fait sur une travailleuse du sexe, citant plusieurs sites d’information espagnols.
Ces agents ne se trouvaient pas en Espagne dans le cadre de leurs fonctions officielles.
Un porte-parole de la police de Toronto avait précédemment confirmé à CTV News que trois de ses membres avaient été accusés, sans toutefois entrer dans les détails de l’incident. Selon lui, les allégations portées contre les agents étaient «graves». L’un des trois agents est rentré au Canada en début de semaine.
La police de Toronto ne divulguera pas l’identité des agents tant que la procédure judiciaire espagnole est en cours. Cependant, des sources ont confirmé à CTV News et à CP24 que les agents impliqués sont les agents Evan Glennie, Rich Rand et Caglar Yigit.
Dans un communiqué séparé, l’Association de la police de Toronto a confirmé avoir pris connaissance de l’incident impliquant trois de ses membres, mais n’a fourni aucun autre détail.
«En tant que chef, je m’attache avant tout à m’assurer que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour demander des comptes à ces membres et pour soutenir le travail accompli jusqu’à présent par la police espagnole», a expliqué M. Demkiw, lorsqu’on lui a demandé quelle était sa responsabilité en tant que chef de la police de la ville.
«Si vous êtes un policier corrompu, je voudrais que vous démissionniez»
Les remarques de M. Demkiw font suite aux réactions de la mairesse de Toronto, Olivia Chow, et de la conseillère Shelley Carroll, présidente du Conseil du service de police de Toronto, la première les qualifiant de «graves et troublantes».
Mme Chow a déclaré que M. Demkiw avait «beaucoup de travail» à accomplir pour rétablir la confiance du public dans la police de Toronto à la suite de ces allégations, auxquelles s’ajoutent les retombées d’une enquête sur des faits de corruption présumés au sein des forces de l’ordre et des allégations d’antisémitisme formulées par un ancien inspecteur de la brigade criminelle.
«Je vais vous dire ce que je dirai aux recrues plus tard dans la journée, et ce que j’ai récemment dit aux sergents: si vous êtes un policier corrompu, je voudrais que vous démissionniez. Je voudrais que vous ne portiez pas cet uniforme, car vous ne méritez pas de le porter. Et ne vous y trompez pas, vous feriez mieux de surveiller vos arrières, car nous allons vous traquer», a indiqué le chef Myron Demkiw.
Sept policiers en service et un policier à la retraite de Toronto ont été accusés dans le cadre du Projet South, une enquête sur la corruption policière dévoilée en février qui a mis au jour des allégations de corruption et un complot complexe qui aurait impliqué la tentative de meurtre d’un haut responsable des services correctionnels de l’Ontario.
Ces allégations ont conduit l’Inspection des services de police de l’Ontario à ordonner une inspection indépendante, qui portera sur l’ensemble des 45 services de police de la province.
Le mois dernier, la Commission des services policiers de Toronto a demandé une inspection indépendante concernant des allégations d’antisémitisme, de racisme et de fautes professionnelles au sein des forces de police formulées par Hank Idsinga, l’ancien chef de la brigade criminelle du Service de police de Toronto, dans son nouveau livre.
«En ce qui concerne les problèmes systémiques liés à l’antisémitisme, nous n’en voyons aucune preuve. Nous sommes sans aucun doute une organisation composée de personnes qui ne sont pas nécessairement parfaites», , a répliqué M. Demkiw à propos des affirmations de M. Idsinga. «Nous comprenons que nous disposons d’une gouvernance incroyablement bonne et solide, et nous nous engageons à fournir des services exempts de tout type de partialité ou de préjugé.»
Avec des informations de La Presse canadienne et de Codi Wilson pour CTV News
