Quatre migrants, provenant des États-Unis, reçoivent des soins pour engelures au centre hospitalier de Magog après avoir traversé la frontière canado-américaine de manière illégale dans la nuit de dimanche à lundi.
Ils ont été retrouvés en pleine forêt dans le secteur de Mansonville par des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ).
Les agents de la GRC avaient reçu un appel vers 2h15 de leurs collègues de la SQ, eux-mêmes alertés par un appel de détresse concernant des personnes perdues dans le bois.
«Par triangulation, les policiers ont réussi à localiser que l’appel venait de Mansonville près de la frontière», a expliqué le sergent au bureau des communications de la GRC, Erique Gasse.
Les policiers, chaussés de leurs raquettes, ont retrouvé deux adultes et deux enfants, souffrant d’hypothermie et d’engelures à différents niveaux vers 4h du matin, après deux heures de recherches «dans des conditions difficiles». Aucun autre détail sur le sexe ni l’âge des personnes n’ont été communiqués.
«Ils ont évacué ces gens au centre hospitalier de Magog», a précisé le sergent Erique Gasse à Noovo Info. «Les quatre individus ne sont pas en danger. [...] Dès qu’ils seront en mesure de quitter l’hôpital, nos collègues de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) les prendront en charge s’ils décident - s’il y a lieu - de faire une demande pour habiter au Canada.»
De son côté, l’ASFC explique que les personnes interceptées en traversant la frontière canadienne entre deux points d’entrée sont conduites à un point d’entrée désigné. Une fois sur place, si la personne demande l’asile, l’ASFC déterminera si la demande est admissible en vertu du protocole additionnel à l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS) et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
Prudence
La GRC tient à rappeler aux familles des personnes souhaitant s’installer au Canada depuis les États-Unis de se présenter aux postes frontaliers (ports de douanes).
«Depuis que Roxham est fermé, les gens peuvent se présenter aux ports de douanes», a précisé le sergent à la GRC ajoutant qu’il y a des risques importants si l’on choisit de traverser la frontière en plein hiver et par une voie illégale (en forêt par exemple).
«Les voyageurs qui souhaitent entrer au Canada doivent se présenter à l’ASFC à un point d’entrée désigné», a précisé la porte-parole de l’agence fédérale Karine Martel à Noovo Info. «Le fait de ne pas se présenter à l’ASFC à son arrivée au Canada constitue une infraction grave et peut entraîner des sanctions ou des accusations.»
En plus des températures glaciales et la présence d’animaux, les migrants - qui sont souvent désorientés, assoiffés et affamés - peuvent marcher dans de l’eau gelée, dans de la neige abondante et même parfois se perdre.
«Lorsque les gens traversent illégalement, ça met aussi nos policiers en danger parce qu’on peut avoir des sorties qui vont durer entre 6h et 10h pour retrouver des gens disparus», a prévenu le sergent Erique Gasse à Noovo Info.
Rappelons que le nombre de passage à la frontière canadienne a augmenté depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump et la mise en place de sa politique anti-immigration.
De plus, bien que le gouvernement de Mark Carney a mis en place des mesures pour renforcer ses frontières avec les États-Unis, le gouvernement américain continue de faire pression pour contrer le flux de migrants vers le sud et pour réduire le trafic de drogues.

