Un garçon du Manitoba et une fille de Nouvelle-Écosse font face à des accusations pour avoir prétendument comploté en ligne afin de commettre des attaques simultanées dans leurs écoles rurales respectives, a annoncé la police mercredi.
La semaine dernière, les policiers ont reçu des informations d'Interpol et du FBI selon lesquelles deux personnes discutaient en ligne de leur intention d'attaquer des écoles à Rivers (Manitoba) et à Bridgewater (Nouvelle-Écosse).
Le garçon de 14 ans de Rivers et la fille de 15 ans de Bridgewater ont été arrêtés cette semaine. La fille fait face à l'accusation la plus grave: complot en vue de commettre un meurtre.
Au Manitoba, les policiers ont intercepté lundi un autobus scolaire et ont arrêté le garçon.
«Nous avons reçu des informations selon lesquelles le jeune homme se trouvait dans un autobus scolaire et qu'il n'était plus à son domicile. Nous voulions donc agir rapidement, et c'était la façon la plus sûre de l'appréhender», a déclaré la caporale Melanie Roussel de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Elle a ajouté que le garçon était désarmé.
La GRC a également saisi des appareils électroniques chez l'adolescent et à son domicile, ainsi que deux armes à feu appartenant à un membre de sa famille. Les armes à feu ont été saisies en raison de la nature des menaces, a indiqué la caporale Roussel. Elle n'a pas précisé si elles étaient enregistrées.
La police a indiqué mardi avoir perquisitionné une résidence à Bridgewater et y avoir trouvé des plans manuscrits, des armes factices, une réplique de bombe artisanale et de fusil d'assaut, ainsi que des vêtements arborant des symboles haineux.
Le chef adjoint Danny MacPhee, de la police de Bridgewater, a expliqué que la jeune fille n'était pas à son domicile au moment des faits, mais que des membres de sa famille s'y trouvaient. La suspecte a été arrêtée peu après, non loin de là.
Il a ajouté que les services de police internationaux avaient fourni des renseignements indiquant qu'une attaque n'était pas imminente, et que le fait que les élèves de la Nouvelle-Écosse soient en vacances de mars avait également facilité les choses.
«C'est une grande victoire pour nous, a-t-il affirmé. Intervenir dès la phase de planification d'un événement de grande ampleur est toujours bien plus bénéfique pour la police, la communauté et les élèves que de se retrouver face à une attaque en cours ou à un incident majeur.»
En vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, l'identité des deux adolescents ne peut être divulguée. La jeune fille, également accusée de menaces, a comparu mercredi devant le tribunal de Bridgewater. Son audience de mise en liberté sous caution est prévue la semaine prochaine. La police a indiqué enquêter sur la possibilité de porter des accusations de crime haineux et d'autres infractions.
Le garçon est lui aussi accusé de menaces, et la GRC a précisé que d'autres accusations pourraient être portées. Il doit comparaître le mois prochain à Brandon, au Manitoba.
Des échanges en ligne depuis février
La police allègue que les deux individus ont commencé à communiquer en ligne à la fin février.
Cependant, rien n'indique que leur projet présumé ait été inspiré par la tuerie de masse survenue à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
Le 10 février, une jeune fille de 18 ans de cette communauté a abattu sa mère et son demi-frère à leur domicile avant de tirer sur cinq élèves et une aide-enseignante dans une école. Jesse Van Rootselaar s'est ensuite suicidée.
Dans les jours qui ont suivi, on a découvert qu'elle avait créé un jeu en ligne simulant une tuerie dans un centre commercial et qu'elle avait été bannie de ChatGPT l'année dernière en raison d'interactions problématiques.
M. MacPhee a expliqué que les enquêteurs avaient retrouvé à Bridgewater des effets personnels de l'accusé contenant les noms de plusieurs auteurs d'attaques de masse en Amérique du Nord et les crimes qu'ils avaient commis.
La police du Manitoba a indiqué avoir constaté une forte augmentation des signalements de menaces en ligne, sans toutefois pouvoir en déterminer les motivations.
«Nous prenons très au sérieux toutes ces menaces visant les écoles et nous les examinons toutes. Nous poursuivrons l'enquête jusqu'à ce que nous en découvrions l'origine», a déclaré la caporale Roussel.
L'école Rivers Collegiate, qui accueille les élèves de la 7e à la 12e année, est située à environ 250 kilomètres à l'ouest de Winnipeg. Son site internet indique qu'elle compte environ 140 élèves.
La division scolaire de Rolling River a assuré collaborer avec la GRC afin de répondre à toute préoccupation en matière de sécurité.
«La priorité de la division est la sécurité et le bien-être des élèves et du personnel, a indiqué le surintendant Jason Cline dans un courriel. L'école Rivers Collegiate travaille avec l'administration et les services cliniques de la division afin de garantir la mise en place de mesures de soutien pour les élèves et le personnel.»
Bridgewater, située à une centaine de kilomètres au sud-ouest d'Halifax, est un centre régional desservant les villes et villages environnants.
Le district scolaire qui supervise le Centre d'éducation Park View (10e à 12e année) à Bridgewater, qui compte environ 880 élèves, a indiqué par courriel avoir été informé de l'arrestation par la police.
«Nous avons prévu un soutien supplémentaire pour les élèves la semaine prochaine et avons rappelé au personnel les ressources disponibles», a affirmé Ashley Dixon, du Centre régional d'éducation de South Shore.
Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a affirmé être en contact étroit avec le district scolaire depuis l'arrestation et a confirmé qu'un soutien supplémentaire serait offert aux élèves de Park View la semaine prochaine.
Brittany Hobson et Devin Stevens, La Presse Canadienne
