Selon la police, des dizaines de fusillades commises dans toute la région du Grand Toronto (GTA) s’inscrivent dans le cadre de réseaux de «tireurs à gages», dans lesquels des jeunes sont payés par des «malfaiteurs» pour tirer sur diverses cibles, notamment des synagogues, des écoles juives et le consulat américain.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Lors d’une conférence de presse mardi matin, la police dit avoir découvert deux armes à feu liées à au moins 28 fusillades survenues dans toute la région du Grand Toronto.
Selon la police, ces armes auraient été utilisées à tour de rôle par plusieurs tireurs différents.
Les enquêteurs ont identifié trois hommes qui seraient liés à ces deux armes à feu, dont Sheldon Tracey-Stewart, 18 ans, et Zara Jabbi, 19 ans. Ces deux hommes, a précisé la police, seraient impliqués dans la fusillade survenue au consulat américain le 10 mars dernier. La police a indiqué que Zara Jabbi était toujours en fuite.
Le groupe de travail intégré sur les armes à feu et les gangs mène l’enquête sur la fusillade au consulat, avec le soutien de l’Unité de sécurité antiterroriste, a indiqué la police.
La GRC et l’Équipe intégrée d’application de la loi en matière de sécurité nationale (INSET) mènent également une enquête parallèle sur ce qu’elles ont qualifié d’incident de sécurité nationale.
La police de Toronto a indiqué qu’un troisième homme, Jayon Burgher, âgé de 18 ans, avait été inculpé dans le cadre d’une fusillade survenue à Etobicoke, dont l’origine a été établie comme provenant de l’une des deux armes à feu saisies par les forces de l’ordre.
«Nous poursuivons actuellement les analyses balistiques et d’autres arrestations et inculpations pourraient suivre ultérieurement», a révélé mardi le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw.
Les armes à feu, un pistolet de calibre 45 et un pistolet de 9 millimètres, ont été découvertes après que des membres de la Force d’intervention d’urgence ont exécuté une série de mandats de perquisition jeudi dernier. Au cours de ces perquisitions, a indiqué la police, l’agent Marc Pinizzotto a été abattu à l’intérieur d’un appartement à North York. Le suspect, identifié par la police comme étant Nicholas Bennett, âgé de 19 ans, est poursuivi pour meurtre au premier degré en lien avec la mort de l’agent.
Bennett, a précisé la police, sera également inculpé en lien avec deux autres fusillades survenues en mars, qui, selon la police, sont liées aux armes saisies la semaine dernière.
Les suspects doivent filmer les fusillades «pour être payés»
La fusillade au consulat et d’autres incidents, a mentionné M. Demkiw, s’inscrivent dans une tendance «plus large» observée par la police.
«Ce à quoi nous sommes confrontés dans cette affaire et dans d’autres incidents sans lien entre eux, notamment les fusillades dans des synagogues et des écoles juives, c’est un mode opératoire récurrent et similaire : celui de criminels à la solde de commanditaires», a mentionné M. Demkiw.
«Par le biais d’applications de messagerie cryptées, des jeunes sont recrutés pour mener des attaques contre diverses cibles et, pour être payés, ils sont tenus de filmer leurs attaques. Qui finance tout cela? C’est ce que nous essayons de déterminer.»
Le commissaire principal Joe Matthews a indiqué que les enquêteurs s’efforçaient toujours de cerner l’ampleur réelle de ces réseaux.
«Nous pensons qu’ils s’étendent au-delà de Toronto», a avancé M. Matthews.
Il a ajouté que la police estimait qu’il existait plusieurs réseaux de «mercenaires armés» cherchant à recruter de jeunes membres.
«Les auteurs directs de ces actes de violence sont plus jeunes. Dans cette affaire, nous n’avons pas identifié de jeune parmi les suspects… mais nous sommes bien conscients que ce sont des jeunes qui sont recrutés», a-t-il poursuivi.
«Le partage d’armes à feu est courant… Nous pensons que ces armes circulent d’une main à l’autre.»
La communication entre les tireurs et ceux qui les ont engagés s’effectue via des applications de messagerie cryptées, notamment WhatsApp, Telegram et Signal, a précisé M. Matthews.
«C’est pour des raisons financières», a-t-il ajouté.
Évoquant les différentes fusillades faisant l’objet d’une enquête policière, M. Demkiw a déclaré que des «malfaiteurs» utilisaient des criminels de Toronto pour commettre des «actes dangereux».
«Il est clair que certaines des personnes qui engagent ces criminels veulent semer la peur au sein de nos communautés, notamment au sein de la communauté juive», a-t-il conclu.


