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Course de rue à Trois-Rivières: les amateurs réclament une piste légale

Un rassemblement de courses de rue a été interrompu par la police de Trois-Rivières samedi soir dans le secteur du boulevard L.-P.-Normand.

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Course de rue à Trois-Rivières: les amateurs réclament une piste légale Des amateurs de courses, dont plusieurs jeunes qui ont été arrêtés samedi soir à Trois-Rivières lors d’une course de rue illégale, réclament la création d’une piste de course en terre mauricienne.

Des amateurs de courses, dont plusieurs jeunes qui ont été arrêtés samedi soir à Trois-Rivières lors d’une course de rue illégale, réclament la création d’une piste de course en terre mauricienne.

Au moment d’écrire ces lignes, la pétition, hébergée sur le site Web Change.org, atteignait 1019 signatures.

Les initiateurs de la pétition affirment être des passionnés de l’automobile et déplorent que les endroits légaux et sécuritaires où pratiquer leur sport soient limités à Trois-Rivières et ses environs.

Ils estiment que la construction d’une piste de course adaptée aurait plusieurs avantages, tels que renforcer la sécurité routière, favoriser la création d’emplois et stimuler l’économie locale grâce à des événements de course.

Du support et des appuis

L’animateur et pilote de course Dany «Babu» Bernier appuie cette revendication et estime que le projet n’est pas impossible. «Dans ce genre d’événement, c’est souvent du drag [...] tu as une ligne de départ et une ligne d’arrivée. Ça ne demande pas grand-chose comme compétition», a-t-il affirmé à Noovo Info. «Quand on fait ça sur des circuits, c’est balisé, il y a des blocs de béton et des clôtures, c’est plus sécuritaire.»

Jacques Lebel, le PDG de la piste d’accélération de Pont-Rouge, a raconté à Noovo Info que c’est sa passion qui l’a poussé à s’investir dans la création de pistes de course et qu’il est persuadé que le nombre de courses de rue a diminué dans les villes où il existe des pistes dédiées.

M. Lebel a par ailleurs affirmé avoir déjà approché des gens en Mauricie pour ouvrir une piste de course et qu’il est toujours intéressé par le projet. «Ça nous prend juste un terrain de jeu», a-t-il insisté.

«Je trouve déplorable de tolérer qu’année après année, des jeunes meurent sur nos routes en l’absence de sites encadrés de façon sécuritaire.»

—  Jacques Lebel, PDG de la piste d’accélération de Pont-Rouge

Si René Martin, conseiller municipal du district des Carrefours à Trois-Rivières, affirme comprendre que des jeunes puissent aimer faire de la vitesse, il estime que la situation n’est pas tolérable pour une question de sécurité. «En tant que père de famille, s’il arrivait quelque chose, ça me briserait le cœur. Je ne voudrais pas que ça arrive», a-t-il partagé.

M. Martin affirme que la Ville de Trois-Rivières étudiera la proposition de piste de course si elle atterrit sur le bureau des élus, mais il ne voit pas comment le projet serait possible.

300 jeunes, 160 voitures

Un rassemblement de courses de rue a été interrompu par la police de Trois-Rivières samedi soir, vers 22 h 30, dans le secteur du boulevard L.-P.-Normand situé dans le parc industriel.

Ce sont deux citoyens qui ont contacté les services d’urgence. L’événement réunissait environ 160 véhicules et plus de 300 personnes, dont plusieurs jeunes.

La police de Trois-Rivières a notamment remis 71 constats d’infraction pour avoir participé à un attroupement illégal et 14 constats pour des infractions diverses au Code de la sécurité routière, dont le non-port de la ceinture de sécurité.

Les amateurs d’automobiles et de courses au Québec peuvent fréquenter quelques endroits qui proposent notamment des pistes d’accélération (drag) et de drag, dont le Complexe ICAR à Mirabel et le circuit de course Sanair à Saint-Pie - dont la survie est toutefois actuellement menacée.

Avenir incertain pour le circuit de course Sanair à Saint-Pie Le conseil de ville de Saint-Pie, en Montérégie, a entériné mardi soir un règlement imposant une réserve du terrain du circuit de course Sanair.

Ce que prévoit la loi

Les policiers ont également fait beaucoup de sensibilisation auprès des personnes présentes puisque le fait de participer à une course de rue est illégal au Québec.

«Nul ne peut conduire un véhicule routier pour une course avec un autre véhicule, un pari ou un enjeu, sauf s’il s’agit d’un rallye effectué conformément aux normes établies dans un règlement pris ou approuvé par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, en vertu de la Loi sur la sécurité dans les sports […].»

—  Article 422 du Code de la sécurité routière

En vertu du Code de la sécurité routière, un conducteur qui s’adonne à une course de rue pourrait, pour une première offense, voir son permis de conduire être suspendu et son véhicule saisi sur-le-champ pour une période de sept jours.

Le conducteur fautif pourrait aussi écoper d’une amende variant de 1000 à 3000 dollars et voir son dossier de conduite alourdi de 12 points d’inaptitude.

Le Code de la sécurité routière prévoit aussi que l’infraction sera inscrite pendant 10 ans au dossier de conduite. Le participant à une course de rue qui a été sanctionné doit également s’attendre à ce que le coût de son permis de conduire augmente, selon le nombre de points d’inaptitude accumulés, et à ce que le coût de son assurance soit revu à la hausse. «Certains assureurs peuvent refuser de vous assurer», prévient la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) sur son site Web.

Il est à noter que si la course de rue a causé des blessures ou la mort de quelqu’un, des accusations en vertu du Code criminel peuvent être portées.