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«C’est assez»: offensive contre le crime organisé en territoire autochtone

Annoncé mercredi, le projet d’équipes mixtes d’enquête a été accueilli favorablement par le président de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec.

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Pat Lachance Des représentants de différents corps de police se sont rassemblés au Port de Québec, mercredi, pour envoyer un message d’unité. (Pat Lachance/Pat Lachance)

Au moment où le crime organisé infiltre de plus en plus les communautés autochtones, Québec et Ottawa s’entendent pour injecter deux millions dans la création d’équipes d’enquêtes spécialisées. «On va cibler la tête du crime organisé.»

Par Gabrielle Cantin, Initiative de journalisme local, Le Soleil

Au cours des derniers mois, des incidents liés au crime organisé ont défrayé les manchettes, notamment sur la Côte-Nord, en Abitibi et dans le Nord-du-Québec. Face au «trafic d’armes à feu et de stupéfiants [à] l’extorsion et [au] blanchiment d’argent», les gouvernements fédéral et provincial débloquent une enveloppe de deux millions pour «contrer les activités criminelles organisées en milieu autochtone».

Des représentants de différents corps de police se sont rassemblés au Port de Québec, mercredi, pour envoyer un message d’unité. «Il y a de la drogue dans les communautés, il y a de l’exploitation, de l’extorsion. C’est assez», a tranché le ministre de la Sécurité intérieure et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière. «La seule solution, c’est de travailler ensemble.»

Les fonds, approuvés lors du conseil des ministres du 15 juillet, permettront donc la création d’équipes mixtes d’enquêtes, destinées spécialement à la lutte aux activités criminelles en communautés autochtones. Ces escouades seront formées d’agents autochtones et allochtones, de quoi établir «une collaboration étroite» et une «mise en commun des expertises», salue la directrice générale de la Sûreté du Québec, Johanne Beausoleil.

«En travaillant de concert avec les services policiers autochtones et nos partenaires, nous renforçons notre capacité d’intervention», note-t-elle.

Selon le gouvernement du Québec, le déploiement de ce projet devrait permettre l’intégration de huit corps de police autochtones au sein des équipes d’enquête de la Sûreté du Québec. Ces mêmes équipes pourront également compter sur l’aide de membres de la Gendarmerie royale du Canada.

Certaines régions sont particulièrement dans la mire du gouvernement, qui tente de mettre un frein aux «phénomènes préoccupants qui s’y déroulent». L’Abitibi, la Côte-Nord, la Gaspésie ainsi que les villes de Saguenay, Québec et la Rive-Sud de Montréal figurent parmi les régions ciblées.

Le financement prévoit également l’affectation d’un membre de la SQ au sein de l’Akwesasne Mohawk Police Service afin de répondre aux besoins sur le terrain.

Un rôle «essentiel»

Annoncé mercredi, le projet d’équipes mixtes d’enquête a été accueilli favorablement par le président de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec, Jean Duchesneau.

«Les équipes mixtes d’enquête répondent à une préoccupation portée depuis des années par nos communautés et nos directions», rappelle-t-il.

L’annonce du ministre Lafrenière s’inscrit d’ailleurs dans la foulée d’engagements pris lors d’une rencontre avec les chefs de la Nation innue, à Uashat mak Mani-utenam, en novembre 2025. Il s’était alors engagé à réclamer une plus grande implication du fédéral en matière de lutte au crime organisé et à étudier la mise en place d’escouades mixtes.