L’arrestation de Philippe Benoit, recherché pendant des jours, puis trouvé, arrêté et accusé du meurtre au premier degré de son fils de 16 ans à Shawinigan, fait l’objet d’une enquête de la part du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).
La Sûreté du Québec (SQ) a validé cette information auprès de Noovo Info, jeudi, soit au lendemain de la fin de la cavale de l’homme de 41 ans. Benoit aurait aussi séquestré sa victime présumée, que Noovo Info a pu identifier comme étant son garçon: Ryan Descheneaux. Le drame s’est déroulé dans une résidence de la 201e avenue.
«Les renseignements préliminaires communiqués au BEI suggèrent qu’une personne aurait subi des blessures par arme à feu», a-t-on indiqué à Noovo Info, ce qui justifie le déclenchement d’une enquête sur les circonstances entourant l’arrestation de Benoit.
Tout indique que la personne blessée est Benoit. «La personne aurait été atteinte par au moins un tir policier et son état serait stable», dit-on.
La SQ a retrouvé Benoit grâce à des informations du public. Il a été retrouvé vers 16h30 mercredi dans le secteur où il était recherché, à Lac-aux-Sables. Il a ensuite été pris en charge par des paramédicaux pour passer des tests à l’hôpital.
On sait maintenant que le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a été appelé en soutien, et même que l’enquête criminelle sur les évènements survenus avant l’intervention a été confiée à ce service.
Philippe Benoit a un lourd passé psychiatrique, notamment en schizophrénie et en phobie sociale. La police exhortait toute personne qui apercevrait M. Benoit à ne pas tenter d’intervenir, de s’approcher de lui ou de le contacter, mais à composer le 911 immédiatement.
Benoit a comparu en cour en après-midi jeudi au palais de justice de Trois-Rivières. Il devrait demeurer détenu pour la suite du processus judiciaire, qui doit reprendre le 2 septembre prochain. L’accusé n’avait pas encore reçu son congé de l’hôpital jeudi,
Noovo Info a appris qu’une cérémonie à la mémoire de la victime doit avoir lieu à Trois-Rivières vendredi à 18h30.

Les funérailles doivent avoir lieu le 21 août prochain à Trois-Rivières.
«Mon fils, tu es parti beaucoup trop tôt, laissant derrière toi un immense vide dans nos cœurs. Aucun parent ne devrait avoir à dire au revoir à son enfant», a écrit sa mère Prescillia dans l’avis de décès. «Ta présence, ton sourire, ta personnalité unique et tous les souvenirs que nous avons créés ensemble resteront gravés en moi pour toujours.»
Pourquoi une enquête du BEI?
Le BEI intervient pour revenir sur des interventions policières quand l’une d’elles ou une arrestation entraîne certaines conséquences graves prévues par la loi.
Voici ce qu’explique le BEI sur son site.
«Le Bureau des enquêtes indépendantes mène une enquête dans tous les cas où, lors d’une intervention policière ou durant sa détention par un corps de police, une personne autre qu’un policier en service décède ou subit une blessure grave ou une blessure causée par une arme à feu utilisée par un policier», écrit-on. «Le BEI intervient alors pour faire la lumière sur l’événement. On parle alors du déclenchement d’une enquête indépendante.»
Le BEI «enquête aussi sur toute allégation relative à une infraction à caractère sexuel commise par un policier en service et traite les allégations de nature criminelle visant des policiers dans tous les cas où la victime, le plaignant ou la plaignante, est membre des Premières Nations ou des Inuit», dit-on.
«Le BEI peut enfin, à la demande du ministre, mener toute autre enquête sur des allégations relatives à une infraction criminelle commise par un policier, un constable spécial et, dans des cas exceptionnels, être chargé d’enquêter sur tout autre événement impliquant un agent de la paix et ayant un lien avec ses fonctions.»
Le BEI n’avait pas précisé, au moment d’écrire ces lignes, la raison exacte derrière le déclenchement de l’enquête sur l’arrestation de Philippe Benoit.
Avec de l’information de Sabrina Rivet et la collaboration de Julien Denis et Émile Bérubé-Lupien pour Noovo Info, ainsi que de l’information de Rachel Lau pour CTV News.
