Justice

Une victime d’agression sexuelle poursuit la Commission scolaire English-Montréal pour 1,2 M$

«Au lieu que l’école soit un lieu sûr [...] Elie Amram, un employé de la CSEM affecté à l’enseignement dans cette école, a abusé de sa position d’autorité.»

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Une enseigne de la Commission scolaire English-Montréal est visible sur son bâtiment administratif à Montréal, le dimanche 3 mai 2020. (Graham Hughes/La Presse canadienne) Une enseigne de la Commission scolaire English-Montréal est visible sur son bâtiment administratif à Montréal, le dimanche 3 mai 2020. (Graham Hughes/La Presse canadienne)

Les avocats de la Couronne et de la défense ont débattu la semaine dernière des recommandations relatives à la peine dans l’affaire d’Elie Amram, un ancien enseignant de l’école secondaire Rosemount reconnu coupable d’agression sexuelle.

La victime, dont le nom est protégé par une interdiction de publication, est aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années et a également intenté cette année une poursuite civile contre l’employeur d’Elie Amram, la Commission scolaire English-Montréal (CSEM).

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Elle réclame 1,2 million de dollars (M$) en dommages-intérêts «à la suite du conditionnement psychologique et des abus sexuels répétés dont elle a été victime de la part d’un enseignant» alors qu’elle était élève de 5e secondaire.

«Au lieu que l’école soit un lieu sûr où X [la victime] puisse apprendre, s’épanouir et grandir, Elie Amram, un employé de la CSEM affecté à l’enseignement dans cette école, a abusé de sa position d’autorité et de confiance pour profiter d’elle, ce qui a entraîné les conséquences dévastatrices que l’on sait subies par les survivantes d’agression sexuelle», peut-on lire dans la poursuite civile.

Elie Amram a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur mineure en novembre pour des infractions commises en 2011, alors qu’il se trouvait «en position d’autorité».

La date de sa condamnation est fixée au 1er février.

L’avocat représentant la victime, Robert Kugler, a affirmé que cette poursuite civile était un moyen pour sa cliente d’obtenir justice.

«Elle a énormément souffert», a-t-il dit. «Elle était adolescente à l’époque, une excellente élève, et ses notes ont commencé à chuter de façon vertigineuse. Comme beaucoup de victimes d’abus sexuels, elle s’est tournée vers la drogue et l’alcool. Ses notes ont continué à se détériorer considérablement. Cela affecte vos perspectives de carrière.»

«Ses relations sociales ont changé. Sa relation avec ses parents a changé. Elle a enduré une douleur et une souffrance immenses, et elle a également perdu la capacité de gagner le genre de revenu qu’elle aurait pu percevoir si cela ne s’était pas produit», a poursuivi Me Kugler.

L’avocat a représenté des centaines de victimes d’agression, ajoutant que, bien qu’il ne soit jamais facile de revivre des abus traumatisants, cela «peut être très libérateur de se confier et d’être cru».

«Obtenir justice peut être très utile et améliorer considérablement le reste de la vie de ces victimes», a-t-il dit. «Elle dit la vérité. Elle sera entendue par un juge. Un juge l’écoutera et prendra soin de l’entendre, et cela constitue en soi une forme de justice. Le fait que quelqu’un soit là pour l’écouter, pour entendre son histoire. Elle n’a plus à souffrir seule en silence.»

Alors que le procès criminel en est à ses dernières étapes, la poursuite civile n’en est qu’à ses débuts.

Le plaidoyer de culpabilité prouve que la victime dit la vérité, selon Me Kugler. Ce dernier a ajouté qu’il avait toujours été certain qu’on la croirait.

«S’il n’y avait pas eu de plaidoyer de culpabilité, elle dirait tout de même la vérité», a-t-il avancé. «Le fait qu’il existe déjà un jugement qui a établi qu’elle disait la vérité et que l’agresseur mentait est-il utile? Je suppose que oui.»

Ce n’est pas la première fois que la CSEM fait l’objet d’une poursuite civile liée à une affaire d’agression sexuelle.

Le mois dernier, la CSEM a été condamné à verser une indemnité comprise entre 3,4 M$ et 8,725 M$ dans le cadre d’une poursuite intentée par des élèves des écoles Lachine High, Victoria et FACE contre l’ancien directeur Phillip Baugniet pour des allégations d’agression sexuelle. M. Baugniet est décédé en 2025, alors que son procès criminel était en cours.

La CSEM n’a pas souhaité de faire des commentaires sur ces deux affaires, celles-ci étant toujours devant les tribunaux.