Stephanie Square, qui avait été extradée du Canada, a plaidé coupable aux États-Unis dans une affaire de trafic d’êtres humains qui avait entraîné la noyade de neuf personnes dans le fleuve Saint-Laurent alors qu’elles tentaient de passer la frontière.
Deux familles originaires de Roumanie et de l’Inde, ainsi que l’homme qui aurait piloté leur embarcation, ont trouvé la mort en mars 2023 après que leur embarcation a chaviré alors qu’elles tentaient d’entrer aux États-Unis via le territoire mohawk d’Akwesasne.
Le ministère américain de la Justice a indiqué jeudi que Stephanie Square a plaidé coupable de complot en vue de se livrer au trafic d’étrangers, de quatre chefs d’accusation de trafic d’étrangers à des fins lucratives et de quatre chefs d’accusation de trafic d’étrangers ayant entraîné la mort.
Selon les autorités, la femme ayant la double citoyenneté était, depuis les États-Unis, à la tête d’un groupe qui faisait régulièrement passer clandestinement des personnes par la frontière via le territoire mohawk, qui se trouve à cheval sur le Québec, l’Ontario et l’État de New York.
«Les étrangers qui tentent d’entrer illégalement aux États-Unis en franchissant la frontière canado-américaine s’exposent à de nombreux dangers, victimes de passeurs qui profitent de leur détresse et de leurs espoirs déçus, a commenté A. Tysen Duva, procureur général adjoint de la division criminelle du ministère de la Justice, dans un communiqué. En l’espèce, malgré les dangers connus, l’accusée a ordonné à ses complices de faire traverser clandestinement le fleuve Saint-Laurent à une famille avec de jeunes enfants, par une nuit froide et venteuse, dans des conditions de visibilité réduite. Ces dangers ont entraîné une perte de vie tragique et évitable.»
Les chefs d’accusation retenus contre Stephanie Square ne concernaient que la mort des membres de cette famille roumaine, qui comptait deux enfants de moins de trois ans.
Elle sera condamnée le 25 novembre et risque une peine allant de cinq ans à la prison à vie.
Cinq autres personnes avaient déjà plaidé coupables dans cette affaire.
Il s’agit de Dakota Montour, 32 ans, et Kawisiiostha Celecia Sharrow, 45 ans, originaires de la partie américaine d’Akwesasne, Janet Terrance, 46 ans, de Hogansburg (État de New York), Timothy Oakes, 35 ans, et Rahsontanohstha Delormier, 31 ans, originaires d’Akwesasne, du côté canadien.
Le département de la Justice américain a indiqué que durant la semaine du 27 mars 2023, une passeuse canadienne «régulière» a contacté Square pour faire traverser clandestinement le Saint-Laurent à une famille roumaine.
Selon les autorités, elle a recruté plusieurs personnes pour l’aider, mais l’une d’entre elles a refusé en raison des vents violents qui soufflaient sur le fleuve cette nuit-là.
Square aurait demandé à l’un de ses chauffeurs habituels, Montour, de conduire la famille jusqu’à la résidence de Timothy Oakes sur l’île Cornwall, un lieu réputé pour être un point de ralliement pour les opérations de trafic transfrontalier.
Les autorités indiquent qu’Oakes a ensuite emmené la famille à une rampe de mise à l’eau publique sur l’île, où son frère Casey les a récupérés avant d’entamer leur voyage fatal.
Les corps des migrants ont été repêchés dans la rivière à Akwesasne, à environ 130 kilomètres au sud-ouest de Montréal, les 30 et 31 mars 2023. Le corps de Casey, âgé de 30 ans, a été retrouvé en juillet 2023.
La famille roumaine était composée de Florin Iordache, 28 ans, de son épouse, Cristina (Monalisa) Zenaida Iordache, 28 ans, de leur fille de deux ans, Evelin et de leur fils d’un an, Elyen.
Les deux enfants étaient citoyens canadiens et la famille vivait dans la région de Toronto.
Les quatre autres personnes décédées étaient membres de la famille Chaudhari, originaire de l’État du Gujarat, dans l’ouest de l’Inde. Il s’agissait du père, Praveenbhai Chaudhari, 50 ans, de la mère, Dakshaben, 45 ans, du fils, Meet, 20 ans, et de la fille, Vidhi, 23 ans.
