La police d’Halifax inculpe un homme pour menaces à la suite d’une alerte à la bombe au consulat américain
La police d’Halifax a inculpé mardi un homme pour avoir proféré une menace d’attaque à la bombe contre le consulat américain local, ce qui avait entraîné la veille l’évacuation, pendant cinq heures, de plusieurs bâtiments et rues du centre-ville.
Mardi après-midi, Ali Assakereh, 54 ans, originaire de la capitale néo-écossaise, a comparu devant le tribunal provincial d’Halifax pour répondre des chefs d’accusation de menaces et de méfait public. Son audience de mise en liberté sous caution a été ajournée à mercredi à la demande du ministère public et il a été placé en détention provisoire.
La police indique avoir été informée de l’alerte à la bombe dimanche soir et avoir retrouvé le véhicule du suspect garé près du consulat le lendemain matin. M. Assakereh a été arrêté peu après dans le quartier ouest de la ville.
Les enquêteurs précisent que le véhicule contenait une bonbonne de propane et des récipients qui semblaient remplis de liquides inflammables.
Mais un expert en explosifs a par la suite déterminé qu’ils ne représentaient aucune menace pour la sécurité publique et les ordres d’évacuation ont été levés lundi à 14 h.
Un porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Ottawa a publié lundi en fin de journée un communiqué indiquant que les responsables américains ne feraient aucun commentaire sur cette affaire de sécurité, invoquant l’enquête policière en cours.
Lors de son audience mardi, M. Assakereh a comparu par visioconférence. Il s’est exprimé avec l’aide d’un interprète en arabe.
Lors de l’audience, M. Assakereh a déclaré par l’intermédiaire de l’interprète qu’il souhaitait présenter des preuves illustrant le racisme dont il avait été témoin, mais il a précisé qu’il n’avait pas les documents avec lui. Il a également dit ne plus appartenir à la religion islamique, ajoutant que s’il se trouvait dans un État islamique, il serait condamné à mort.
L’interprète a également indiqué au tribunal que le suspect affirmait que sa famille et lui étaient menacés par «la guerre, la police, les forces de sécurité et même le personnel des services sociaux et d’aide au revenu».
À l’issue de l’audience, l’interprète a indiqué qu’Ali Assakereh préférerait avoir un interprète en farsi. Le farsi, également appelé persan, est principalement parlé en Iran, où il est la langue officielle.
Un événement qui n’est pas isolé
Cette alerte à la bombe présumée à Halifax est survenue moins d’une semaine après que deux suspects ont été inculpés pour avoir tiré des coups de feu devant le consulat américain de Toronto en juillet — le deuxième incident de ce type survenu dans ce bâtiment cette année.
Un homme de 19 ans et un adolescent de 15 ans font l’objet de plus d’une douzaine de chefs d’accusation dans le cadre de ce que la police a qualifié d’opération de «criminels à la solde de tiers».
Le consulat de Toronto avait déjà été pris pour cible le 10 mars, lorsque deux suspects auraient tiré plusieurs coups de feu en direction du bâtiment. Un jeune de 18 ans et un autre de 19 ans font l’objet de multiples chefs d’accusation.
À l’époque, le surintendant en chef de la Gendarmerie royale du Canada, Chris Leather, avait qualifié cette fusillade d’«incident relevant de la sécurité nationale», ajoutant que les consulats au Canada «méritaient une vigilance accrue».
Personne n’a été blessé lors de ces deux incidents.
En mai, un ressortissant irakien accusé aux États-Unis d’avoir planifié des attentats terroristes en réponse à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a également été accusé d’implication dans des attaques au Canada, notamment la fusillade de mars contre le consulat américain à Toronto.
Les procureurs américains ont déclaré que l’accusé avait dirigé et incité d’autres personnes à s’en prendre à des cibles américaines et israéliennes, notamment en tuant des Américains et des Juifs.
Le 15 mai, Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi a été inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour avoir soutenu des organisations terroristes soutenues par l’Iran. Il a également été inculpé de complot et de soutien matériel à des actes de terrorisme, ainsi que de complot en vue de faire exploser un lieu public.
Aucune des allégations portées contre lui n’a encore été examinée par un tribunal.
— Avec des informations de l’Associated Press

