Le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec impose une amende de 75 000 $ à l’ancien président-directeur général de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre.
La sanction est imposée après que le Conseil de discipline eut reconnu coupable l’homme d’affaires d’actes de collusion et de corruption dans le cadre de ses fonctions à la tête de la firme d’ingénierie entre 2001 et 2009, dans une décision rendue au mois d’août dernier.
Le Conseil de discipline a indiqué que la sanction était proportionnelle aux actes «très graves» qui lui sont reprochés.
Pour sa part, M. Lamarre a réagi à la décision avec «une profonde déception», dans un communiqué mercredi. Il n’entend toutefois pas faire appel.
«À 82 ans, j’ai décidé de tourner la page avec sérénité et de consacrer ce temps à mes proches et à ce qui donne encore du sens à ma vie», a commenté l’homme d’affaires.
M. Lamarre avait entre autres été reconnu coupable d’avoir utilisé des procédés malhonnêtes et douteux et d’avoir toléré ou mis en place un système de corruption et de collusion.
Dans la décision, on mentionnait que le système de corruption a notamment servi à verser des millions de dollars canadiens à Saadi Kadhafi, le fils de l’ancien dictateur de la Libye, Mouammar Kadhafi.
M. Lamarre avait aussi été reconnu coupable de versement de sommes pour obtenir des contrats, dont environ 2 millions $ à la famille Kadhafi, notamment en payant des dépenses à Saadi Kadhafi lors d’un séjour au Canada en 2008.
L’ex-patron de l’entreprise, désormais connue sous le nom d’AtkinsRéalis, avait également été reconnu coupable d’avoir négligé de mettre en place un système pour empêcher le remboursement de contributions politiques aux employés.
On lui reprochait d’avoir échoué à mettre en place les mesures nécessaires pour que ces actes n’aient pas lieu au sein de la société.
En août, M. Lamarre avait qualifié la décision d’«injuste et déraisonnable», en plus de qualifier le processus «de profondément inéquitable».
Lorsqu’il impose une sanction, le Conseil de discipline affirme poursuivre l’objectif de «protéger le public en dissuadant le professionnel de récidiver et en servant d’exemple à l’égard des autres membres de la profession».
