Justice

Poursuite contre 15 personnes accusées d'avoir entravé le travail des agents de l'ICE

Les prévenus ont eu recours à diverses tactiques pour perturber cette opération de répression, selon le procureur.

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Le procureur fédéral Daniel N. Rosen s’exprime lors d’une conférence de presse au bureau du procureur fédéral, au palais de justice fédéral de Minneapolis, le jeudi 11 juin 2026. Minnesota Star Tribune via AP Le procureur fédéral Daniel N. Rosen s’exprime lors d’une conférence de presse au bureau du procureur fédéral, au palais de justice fédéral de Minneapolis, le jeudi 11 juin 2026. Minnesota Star Tribune via AP (Alex Kormann)

Les procureurs fédéraux ont annoncé mardi avoir engagé des poursuites contre 15 personnes accusées d’avoir entravé le travail des agents fédéraux lors de la vaste opération d’immigration menée par l’administration Trump dans le Minnesota au début de l’année.

Selon le procureur fédéral du Minnesota, Daniel N. Rosen, les prévenus ont eu recours à diverses tactiques pour perturber cette opération de répression, notamment en «traquant» les agents fédéraux et en utilisant des blocs de glace pour ralentir leurs convois.

Il n’a pas souhaité préciser si des agents fédéraux avaient été blessés à la suite de ces actions.

M. Rosen a mentionné que l’opération visait deux groupes basés à Minneapolis associés à l’«antifa», un mouvement diffus d’activistes de gauche que le président Donald Trump s’est engagé à combattre.

Douze personnes ont été arrêtées mardi, deux sont toujours en fuite et une est déjà en détention, a souligné M. Rosen. Les noms et les chefs d’accusation précis des personnes arrêtées n’ont pas été immédiatement communiqués.

Ces inculpations interviennent plusieurs mois après l’«Opération Metro Surge» menée par l’administration, qui avait mobilisé des milliers d’agents fédéraux dans les villes jumelles, déclenchant des manifestations de grande ampleur et entraînant des tirs qui ont tué deux citoyens américains.

Au cours de cette opération, des convois d’agents à bord de VUS banalisés ont sillonné les quartiers, enfonçant des portes, attendant devant les écoles et exigeant des habitants qu’ils présentent une preuve de citoyenneté.

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Un vaste réseau de Minnesotains indignés, s’organisant principalement via des fils de discussion anonymes au sein des quartiers, s’est rapidement formé, des citoyens ordinaires et des militants utilisant des sifflets et des klaxons pour attirer l’attention sur ces agents masqués et lourdement armés.

À l’époque, le «tsar des frontières» Tom Homan avait indiqué que les autorités fédérales enquêtaient sur «l’organisation et le financement des attaques contre l’ICE».

«Ils devront rendre des comptes, avait-il affirmé. La justice va être rendue.»

En septembre dernier, M. Trump a signé un décret classant l’antifa comme une organisation de terrorisme intérieur et ordonnant aux agences fédérales d’«enquêter, de perturber et de démanteler» ses affiliés et ses bailleurs de fonds.

Les démocrates et plusieurs associations de défense du premier amendement ont contesté cette désignation. Si le gouvernement fédéral est habilité à désigner des groupes terroristes étrangers, il n’existe aucun mécanisme officiel permettant d’appliquer cette même étiquette à des groupes nationaux.

Donald Trump utilise depuis longtemps ce terme à l’encontre d’un large éventail d’adversaires politiques, y compris des manifestants pacifiques sans tendances anarchistes.