| Avertissement: ce contenu traite de suicide. Si vous pensez au suicide ou vous vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles pour vous aider, partout au Québec, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. |
|---|
| Téléphone : 1 866 APPELLE (277-3553) |
| Texto : 535-353 |
| Téléphone ou texto : 988 |
| Clavardage, informations et outils : www.suicide.ca |
Plusieurs années après l’arrestation de Kenneth Law, un père qui tient cet homme de l’Ontario pour responsable du suicide de son fils affirme que peu de mesures ont été prises pour endiguer le commerce numérique de substances mortelles qui continue de faire des victimes au Canada et à l’étranger.
David Parfett, dont le fils Tom, âgé de 22 ans, s’est donné la mort en 2021 après qu’il eut prétendument acheté une substance sur un site web lié à Law, se dit inquiet que les autorités n’aient pas tiré les leçons de cette affaire qui a attiré l’attention internationale sur les lacunes mortelles de la réglementation en ligne.
Law est accusé d’avoir vendu des substances létales à des personnes qui les ont ensuite utilisées pour mettre fin à leurs jours. Il devait comparaître le mois dernier à Newmarket, en Ontario, pour répondre de 14 chefs d’accusation de meurtre au premier degré et de complicité de suicide.
Les accusations de meurtre qui pèsent contre lui devraient être retirées vendredi, Law plaidant plutôt coupable des chefs d’accusation moins graves d’aide au suicide.
«J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi l’affaire n’a pas été soumise à un jury, pour que ce soit lui qui se prononce», a déclaré M. Pargett lors d’une entrevue.
«Je pense qu’il était extrêmement important de le faire, et vous, au Canada, alliez montrer l’exemple en veillant à ce qu’un message clair soit envoyé: ce n’est pas parce qu’on peut utiliser internet pour faire du mal à l’échelle internationale qu’on s’en tire impunément.»
Les gouvernements doivent également consacrer des ressources pour comprendre et arrêter ces sites, sans quoi les personnes vulnérables resteront en danger, a soutenu M. Parfett, ajoutant qu’il aimerait travailler avec les régulateurs et les responsables politiques canadiens pour s’attaquer au problème.
Il s’est dit surpris que le Canada n’ait pas ouvert d’enquête publique sur la question, qui, selon lui, «nécessite assurément une enquête gouvernementale de haut niveau avec l’obligation de résoudre les problèmes».
Un porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a refusé le mois dernier de commenter la possibilité d’une enquête publique sur cette affaire, invoquant la procédure judiciaire en cours.
Interrogé jeudi sur la question de savoir s’il allait ordonner une enquête publique sur cette affaire, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a simplement répondu: «Non.»
M. Ford, qui s’adressait aux journalistes lors d’un événement sans rapport avec cette affaire à Ottawa, n’a pas répondu lorsqu’il s’est fait demander pourquoi.

