Le Tribunal administratif du travail a dû intervenir à la suite d’une «demande d’intervention urgente» de la Ville de Montréal, concernant des moyens de pression illégaux de la part des cols bleus.
Le 1er avril, la Ville de Montréal alléguait que des cols bleus refusaient d’assumer les rôles de chef d’équipe ou de chef de groupe et ne reconnaissaient pas l’autorité des remplaçants-contremaîtres.
Après avoir entendu la preuve, le Tribunal a jugé qu’il s’agissait là d’une action concertée de la part des cols bleus.
Le syndicat avait d’ailleurs lui-même publié un document évoquant ce refus d’assumer les fonctions de chef d’équipe ou de chef de groupe, en riposte à la position de la Ville dans le cadre de la négociation pour le renouvellement de la convention collective.
Le Tribunal note, par exemple, qu’«entre le 16 et le 31 mars 2026, il y a de nombreux quarts de travail sur lesquels aucun col bleu n’a assumé le rôle de chef d’équipe ou de chef de groupe, et ce dans 26 des 30 ateliers répartis dans les six divisions du Service du matériel roulant et des ateliers».
Le tout a entraîné des retards, souligne le juge administratif Francis Hinse.
«Ce refus, considérant l’importance des tâches assumées par les cols bleus, notamment pour l’opération, l’entretien et/ou la réparation de différentes infrastructures et nombreux biens de la Ville, le fait de paralyser les activités et services offerts sur certains quarts de travail, est clairement susceptible de porter préjudice à un service auquel la population a droit.»
Le Tribunal a déclaré que le refus concerté des cols bleus d’assumer ces rôles «constitue un moyen de pression illégal». Il en a jugé de même pour le refus de reconnaître l’autorité des remplaçants-contremaîtres.
Il a donc ordonné aux cols bleus de fournir leur prestation normale de travail.
Il a aussi ordonné au syndicat de s’abstenir d’encourager «tout arrêt ou ralentissement de travail illégal».
La décision du Tribunal administratif du travail, qui remonte au 1er avril, mais dont les motifs ont été publiés mardi, a aussi été déposée aux greffes de la Cour supérieure. Ceci signifie que tout contrevenant serait susceptible d’outrage au tribunal.
Les cols bleus de Montréal ont prévu trois journées de grève légale, les 15, 16 et 17 avril. Le Tribunal a déjà jugé que la liste des services essentiels, sur lesquels les parties s’étaient entendues, était suffisante pour ne pas mettre en danger la santé ou la sécurité publique.

