Des entreprises et coopératives ambulancières demandent au Tribunal d’intervenir rapidement, quelques heures avant le début de nouveaux moyens de pression de la part des paramédics, membres de syndicats rattachés à la CSN.
À compter de 00h01, dans la nuit de lundi à mardi, les paramédics syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, doivent refuser de donner des heures de disponibilité aux agences privées de placement de personnel, dans tout le Québec.
De même, dans certaines régions, ces paramédics sont appelés par leur fédération syndicale à refuser de faire des heures supplémentaires. Les premières régions touchées seraient celles du Sud des Laurentides et de Lanaudière, du Grand Trois-Rivières, des régions de Portneuf, de la Capitale nationale, de Charlevoix, ainsi que de la Moyenne et Basse-Côte-Nord.
La FSSS a l’intention d’étendre éventuellement ce refus de faire des heures supplémentaires à d’autres régions, si la négociation pour le renouvellement des conventions collectives ne porte pas fruit.
Ces nouveaux moyens de pression s’ajoutent à une grève des mêmes paramédics qui est déjà en cours depuis plus de 11 mois. Celle-ci paraît toutefois peu aux yeux du public, parce que la plupart des tâches des techniciens ambulanciers paramédicaux sont considérées comme des services essentiels.
Des employeurs du secteur ambulancier ont donc déposé une demande au Tribunal administratif du travail, étant donné que celui-ci avait déjà rendu une décision, en juillet dernier, sur les services essentiels à maintenir durant cette grève.
Leur requête est entendue lundi par le Tribunal.
Ces coopératives et entreprises ambulancières arguent notamment que les nouveaux moyens de pression annoncés contreviennent à la décision du Tribunal sur les services essentiels à maintenir durant la grève.
Dans leur requête, elles font notamment valoir que, «dans le cours normal des affaires, les entreprises nommément visées par le refus concerté de faire des heures de temps supplémentaire sur une base volontaire à compter du 23 juin 2026, de même que les autres entreprises requérantes menacées d’être visées par le mot d’ordre syndical, au bon vouloir et au moment déterminé par les syndicats intimés et la CSN, ne sont pas en mesure de livrer les heures de service auxquelles elles sont tenues par contrat avec Santé Québec, sans avoir recours à du travail en temps supplémentaire».
De même, «dans le cours normal des affaires, plusieurs des entreprises requérantes ne sont pas en mesure de livrer les heures de service auxquelles elles sont tenues par contrat avec Santé Québec, sans avoir recours à du personnel provenant des agences privées de placement de personnel», arguent les employeurs ambulanciers.
«La situation est d’autant plus préoccupante que les moyens de pression annoncés s’ajouteraient au refus des salariés membres des Syndicats intimés d’effectuer la supervision de stagiaires inscrits au Diplôme d’études collégiales (DEC) en soins préhospitaliers d’urgence, et ce, depuis le 6 juillet 2025», ajoutent-ils.
Ils disent craindre que ces moyens de pression supplémentaires entraînent «inévitablement une augmentation des bris de services» pour la population.
Ils demandent donc au Tribunal d’ordonner aux syndicats de veiller à ce que leurs membres continuent d’exécuter du travail en heures supplémentaires et continuent d’offrir des disponibilités aux agences privées de placement de personnel qui les employaient avant le mot d’ordre syndical.

