Justice

Meurtre non résolu: la police de Charlottetown a perdu des preuves matérielles cruciales

Cette décision a mis fin au procès prévu de Todd Joseph Gallant, qui avait été accusé du meurtre de l’enseignant Byron Carr, survenu en 1988.

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Todd Joseph Gallant apparaît sur une photo fournie par les services de police de Charlottetown. Todd Joseph Gallant apparaît sur une photo fournie par les services de police de Charlottetown.

L’une des affaires de meurtre les plus médiatisées de l’Île-du-Prince-Édouard a pris un tournant inattendu après que les procureurs eurent retiré toutes les accusations cette semaine, affirmant que la police avait perdu la grande majorité des éléments de preuve matériels essentiels.

Cette décision a mis fin au procès prévu de Todd Joseph Gallant, également connu sous le nom de Todd Joseph Irving, dans le cadre du meurtre de l’enseignant Byron Carr, survenu en 1988. M. Gallant avait plaidé non coupable.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

La Couronne a également souligné des lacunes dans la manière dont les éléments de preuve avaient été identifiés et suivis, soulevant des inquiétudes quant à la fiabilité de ce qui reste.

«La perte d’éléments de preuve cruciaux, combinée aux problèmes identifiés concernant les éléments de preuve restants, signifie qu’il n’y a plus de probabilité raisonnable de condamnation et que la poursuite ne peut plus aller de l’avant», a écrit le bureau des procureurs de la Couronne dans un communiqué transmis à CTV News, qui a qualifié ce résultat de «profondément décevant».

M. Carr a été retrouvé mort dans la chambre à coucher de son domicile de Charlottetown, poignardé et étranglé avec une serviette, à la suite de ce que la police a décrit comme une relation sexuelle consensuelle avec un autre homme. Sur le mur, une menace avait été griffonnée : «Je tuerai encore.»

Byron Carr. Byron Carr. (CTV News/Maria Sarrouh)

L’enquête était au point mort lorsque les progrès de la généalogie génétique ont permis une percée majeure en 2024. La police a arrêté M. Gallant, affirmant que son ADN avait été retrouvé sur une paire de sous-vêtements laissée sur les lieux du crime.

La serviette qui aurait servi à étrangler M. Carr, ainsi qu’un couteau, font partie des objets dont la police ne peut rendre compte.

«Nous nous sommes efforcés de parler aux personnes qui étaient en poste en 1988, mais elles n’avaient pas de réponses à nous donner», a rapporté Darren MacDougall, chef de police par intérim de Charlottetown, mercredi.

Il a ajouté que certaines des personnes concernées ne travaillaient plus au sein du service, tandis que d’autres étaient décédées.

Plusieurs éléments matériels recueillis à l’époque avaient été envoyés à un laboratoire de criminalistique pour y être analysés, selon M. MacDougall. De nouveaux enquêteurs ont repris le dossier en 2007 et n’ont pas pu retrouver certains de ces éléments, bien que les rapports du laboratoire indiquent qu’ils avaient été analysés et retournés à la police de Charlottetown en 1989.

Toutefois, le matériel biologique extrait de ces éléments avait été conservé au laboratoire, ce qui a permis aux enquêteurs d’établir un profil d’ADN. Ils ont poursuivi leurs investigations, en s’appuyant sur ces preuves tout en espérant que les éléments originaux refassent surface, d’après le chef de police par intérim de Charlottetown.

Darren MacDougall Darren MacDougall, Charlottetown's interim chief of police. (CTV News/Maria Sarrouh)

«Nous prenons cela très au sérieux. Vraiment», a avoué M. MacDougall. «Nous menons une réflexion interne pour déterminer ce qui a mal tourné.»

Dans les années 80, le service de police ne disposait d’aucune base de données électronique permettant de suivre les éléments de preuve, et les enquêteurs n’ont pu trouver aucune trace écrite ni aucune note expliquant ce qu’étaient devenus ces objets après leur retour. Depuis, le service a mis en place de nouvelles politiques et mis à jour ses systèmes de gestion des éléments de preuve au fil des ans, a mentionné M. MacDougall, qui a décrit les normes actuelles comme étant conformes à celles des services de police de l’ensemble du pays.

Le Service de police de Charlottetown envisage de faire appel à un examen mené par un tiers afin d’obtenir des recommandations qui pourraient aider l’institution à aller de l’avant.