Justice

Luciano Frattolin condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa fille

La juge Tatiana Coffinger a prononcé la peine après avoir rejeté une requête visant à faire annuler le verdict de culpabilité.

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Luciano Frattolin condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa fille Luciano Frattolin, ce Montréalais reconnu coupable d’avoir tué sa fille de neuf ans et de l’avoir abandonnée dans un marais du nord de l’État de New York à l’été 2025, a été condamné à la prison à perpétuité, mercredi.

Luciano Frattolin, le Montréalais reconnu coupable d’avoir tué sa fille de neuf ans et de l’avoir abandonnée dans un marais du nord de l’État de New York à l’été 2025, a été condamné à la prison à perpétuité, mercredi.

L’homme est resté impassible pendant que la juge prononçait la peine. Vêtu d’un costume noir froissé et portant de grandes lunettes noires, il a légèrement secoué la tête lorsqu’elle a décrit le deuxième crime pour lequel il a été reconnu coupable: avoir dissimulé le corps de la fillette de neuf ans.

«J’espère qu’à un moment dans votre vie, vous réaliserez ce que vous avez fait, ce que vous avez fait subir à une famille, et surtout, la façon dont vous avez laissé tomber votre fille. Rien ne la ramènera, et nous devrons tous vivre avec cela», a déclaré la juge Tatiana Coffinger, quelques instants avant que Frattolin ne soit conduit hors de la salle d’audience, enchaîné et menotté.

Au fond de la salle, la mère de la jeune fille, ses grands-parents ainsi que d’autres proches et êtres chers suivaient la scène avec attention. Certains se sont essuyé les yeux après que la juge eut rendu son verdict au tribunal du comté d’Essex.

«Nous continuons à souffrir profondément depuis le jour où Melina a été brutalement assassinée», a indiqué la famille dans une déclaration lue devant le palais de justice par le procureur Michael Langey.

«Rien ne peut ramener Melina à la vie, mais nous sommes soulagés que ce chapitre soit clos. Nous sommes sincèrement reconnaissants envers toutes les personnes qui ont travaillé sur cette affaire. Votre dévouement et votre persévérance, ainsi que vos efforts, ont contribué à rendre un peu de justice à notre famille.»

Le prononcé de la sentence est survenu deux mois après qu’un jury du tribunal du comté d’Essex a reconnu Frattolin coupable de meurtre au deuxième degré et de dissimulation d’un cadavre humain dans le cadre de la mort de Melina Frattolin.

La juge Coffinger a prononcé la peine après avoir rejeté une requête visant à faire annuler le verdict de culpabilité. Frattolin ne pourra pas prétendre à une libération conditionnelle avant 25 ans.

La défense a déposé un avis d’appel. «M. Frattolin continue de clamer son innocence», a maintenu Brian Pilatzke, l’avocat de Frattolin, à la juge au tribunal avant qu’elle ne prononce la peine.

Frattolin se déclare toujours innocent

La jeune fille vivait à Montréal avec sa mère. En juillet 2025, elle est partie en voyage en voiture aux États-Unis avec son père.

La nuit où ils devaient revenir, Luciano Frattolin a appelé la police pour signaler que sa fille avait été enlevée après qu’il eut stationné la voiture qu’il conduisait sur le bord de la route.

Au cours du procès, l’accusation a appelé à la barre plusieurs policiers et experts qui ont utilisé des données de localisation de véhicules, des données de téléphonie mobile et des images de caméras de surveillance pour reconstituer les déplacements de Frattolin le jour du décès de sa fille.

Ces données ont montré que la voiture et le téléphone de Frattolin étaient restés immobilisés pendant près d’une heure dans la zone où le corps de Melina a été retrouvé par la suite. La police a également découvert, sur le bord de la route, un sac contenant les vêtements boueux que Frattolin portait.

Au cours de l’audience, la juge Coffinger a accusé Frattolin d’avoir menti dans ses déclarations à la police et a comparé son récit d’enlèvement à «un scénario hollywoodien».

«Monsieur Frattolin, vous vivez dans un monde d’illusions que vous vous êtes vous-même créé, un monde de fortune et d’image», a affirmé la juge Coffinger.

«Alors que la plus grande réussite de votre vie aurait été d’être un excellent père, ce n’est pas pour cela qu’on se souviendra de vous», a-t-elle laissé tomber.

La juge Coffinger a également rendu une ordonnance de protection en faveur de la mère de Melina, Kali Galanis, ce qui signifie qu’il sera interdit à Frattolin de la contacter de quelque manière que ce soit.

À la sortie du tribunal, M. Langey s’est dit satisfait de la peine prononcée.

«Espérons que la commission des libérations conditionnelles ne lui accordera pas de libération conditionnelle et qu’il passera la majeure partie de sa vie en prison», a-t-il ajouté.

Interrogé sur le mobile possible de Frattolin, M. Langey a soutenu qu’il pensait que cet homme originaire de Montréal aspirait à une vie de richesse et de réussite.

«Il était obsédé par la mère de Melina, Kali, et la haïssait, et il voulait une vie différente», a-t-il dit.

Au cours du procès, qui a duré trois semaines, la défense a tenté de faire valoir que la police locale n’avait pas enquêté de façon adéquate sur les allégations de Frattolin selon lesquelles sa fille avait été enlevée.

Le jury a délibéré pendant seulement une heure à l’issue du procès, le 10 août, avant de conclure que Frattolin avait noyé sa fille dans un marais situé dans une zone rurale de l’État de New York.