Justice

L'olympien accusé d'avoir abîmé le «Reflecting Pool» dénonce des «irrégularités»

David Hearn a plaidé non coupable au début du mois d’un chef d’accusation de destruction de biens, un délit grave.

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L'ancien canoéiste olympique David Hearn, au centre, et son avocat Norman Eisen, à gauche, se dirigent vers une voiture après une comparution devant le tribunal, où il a plaidé non coupable d'avoir prétendument endommagé le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, le jeudi 9 juillet 2026, à Washington. Photo AP L'ancien canoéiste olympique David Hearn, au centre, et son avocat Norman Eisen, à gauche, se dirigent vers une voiture après une comparution devant le tribunal, où il a plaidé non coupable d'avoir prétendument endommagé le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, le jeudi 9 juillet 2026, à Washington. Photo AP (Rod Lamkey)

Un ancien athlète olympique accusé d’avoir délibérément endommagé le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial demande à avoir accès à l’intégralité des témoignages à huis clos qui ont conduit à sa mise en examen, invoquant des «irrégularités» dans ces procédures devant le grand jury.

Dans un mémoire déposé lundi devant le tribunal, les avocats de David Hearn ont demandé qu’une ordonnance soit rendue pour que le gouvernement leur remette la transcription intégrale de l’ensemble des débats du grand jury.

Ils souhaitent également que les procureurs divulguent les instructions juridiques qu’ils ont données aux membres du grand jury concernant les éléments constitutifs du crime dont Hearn est accusé.

M. Hearn a plaidé non coupable au début du mois d’un chef d’accusation de destruction de biens, un délit grave, et son procès doit s’ouvrir le 28 septembre devant la Cour supérieure de Washington.

Ce chef d’accusation, passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement en cas de condamnation, reproche à M. Hearn d’avoir causé au moins 1000 $US de dégâts au bassin.

Cependant, ses avocats se demandent si les procureurs ont bien présenté au grand jury des preuves suffisantes pour étayer le montant des dommages allégués dans l’acte d’accusation de M. Hearn.

Un responsable du Service des parcs nationaux a témoigné que la piscine était déjà endommagée avant que M. Hearn ne l’ait prétendument touchée, qu’il ne pouvait pas quantifier les dommages imputables à M. Hearn et que les mêmes réparations auraient été nécessaires indépendamment de son comportement, ont indiqué les avocats de la défense.

«Le témoignage du témoin a établi que la piscine présentait des dommages préexistants importants nécessitant des réparations avant tout comportement présumé de M. Hearn, ont écrit ses avocats. Selon le témoin, la piscine perdait plus d’un million de gallons d’eau par semaine. Ses joints de dilatation avaient dépassé leur durée de vie utile et le revêtement comportait déjà une déchirure.»

Les avocats de M. Hearn fondent ces arguments sur leur examen limité des témoignages devant le grand jury. Ils souhaitent obtenir, par décision de justice, l’accès à l’intégralité des débats.

Un porte-parole du bureau de la procureure fédérale Jeanine Pirro à Washington n’a pas immédiatement répondu à un courriel sollicitant des commentaires sur les arguments de M. Hearn.

Encore des travaux pour réparer le bassin réfléchissant à Washington La cure de jouvence du bassin réfléchissant du mémorial de Lincoln, un des lieux iconiques de Washington, qui avait été annoncée par Donald Trump et accélérée en vue du 250e anniversaire des États-Unis ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu.

Hearn avait précédemment demandé au tribunal de classer l’affaire, qui découle du projet de rénovation de plusieurs millions de dollars, source de nombreux problèmes, défendu par le président Donald Trump.

Ses avocats ont fait valoir que le gouvernement n’avait pas correctement préservé des preuves matérielles importantes provenant du «Reflecting Pool».

M. Trump, républicain, a affirmé que des vandales avaient endommagé le bassin, mais les détracteurs de l’administration attribuent ces problèmes à des travaux de réparation de mauvaise qualité.

Lors d’un discours prononcé lundi chez General Motors, dans le Michigan, M. Trump a déclaré qu’une personne «malade» avait lacéré le revêtement du bassin, mais a ajouté que l’attraction était en cours de remise en état.

«Elle est à l’hôpital pour l’instant, mais elle va se rétablir très bientôt, a assuré Donald Trump. Elle est presque prête à rouvrir.»

M. Hearn et ses partisans affirment que les poursuites engagées à son encontre constituent une manœuvre à motivation politique de la part de l’administration Trump visant à détourner les reproches et à faire des boucs émissaires.

M. Hearn a déclaré à l’Associated Press qu’il avait été retenu pendant cinq heures par des soldats de la Garde nationale et la police des parcs américains après s’être arrêté près de la piscine lors d’une balade à vélo le 19 juin.

Il a expliqué avoir tendu la main pour examiner le revêtement de la piscine qui venait de se décoller et avoir brièvement touché un morceau accroché à la paroi, mais a précisé avoir obéi à un employé du parc qui lui avait demandé de le lâcher.

M. Hearn, âgé de 67 ans et originaire de Bethesda, dans le Maryland, a participé à trois éditions des Jeux olympiques d’été, obtenant son meilleur classement, une neuvième place, lors des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, comme l’indique le Comité olympique et paralympique américain sur son site internet.

Au moins trois autres personnes ont été inculpées devant le même tribunal pour délit mineur, pour avoir prétendument retiré des morceaux de peinture de la piscine.