Justice

Les procureurs américains souhaitent que les frères Tate restent en détention

Les deux frères ont nié à plusieurs reprises toute infraction.

Publié le 

ARCHIVES - Andrew Tate, à droite, et son frère Tristan arrivent à un événement, le 11 avril 2026, à Miami. Photo AP ARCHIVES - Andrew Tate, à droite, et son frère Tristan arrivent à un événement, le 11 avril 2026, à Miami. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

Le parquet souhaite que les influenceurs sur les réseaux sociaux Andrew et Tristan Tate restent en détention fédérale, faisant valoir lundi que les deux frères présentent un risque de fuite et constituent un danger pour la collectivité, alors qu’ils contestent leur extradition vers le Royaume-Uni, où ils sont accusés de viol et de traite à des fins sexuelles.

Trois jours après le dépôt par les avocats de la défense d’une requête en libération, les procureurs ont déposé leur réponse devant le tribunal fédéral de Miami, où une audience prévue jeudi déterminera si les deux frères doivent rester en détention ou être libérés pendant ce qui pourrait être une procédure d’extradition s’étalant sur plusieurs mois.

Les deux frères ont nié à plusieurs reprises toute infraction.

L’audience de détention sera probablement la première occasion pour les Tate de quitter le centre de détention fédéral de Miami depuis leur brève comparution devant le tribunal, deux jours après leur arrestation le 18 juillet.

Les Tate sont devenus des personnalités controversées du web, grâce à la promotion de la richesse, de la domination masculine et de la misogynie qu’ils diffusent via leur empire des réseaux sociaux.

Ces nouvelles accusations sont les dernières en date d’une longue saga judiciaire internationale impliquant les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Roumanie.

Un «risque accru de fuite»

Selon le dossier déposé par le parquet fédéral américain, les Tate devraient être placés en détention provisoire dans l’attente de leur audience d’extradition, car ils ne peuvent pas réfuter la forte présomption s’opposant à la libération sous caution dans les affaires d’extradition internationale.

Les graves accusations en instance au Royaume-Uni, portant sur la traite d’êtres humains ainsi que sur des viols et des agressions violentes commis à l’encontre de plusieurs victimes, associées aux allégations en Roumanie selon lesquelles les Tate auraient tenté d’intimider des témoins constituent une menace évidente pour la sécurité publique, affirment les procureurs.

«Le fait que les Tate affirment également détenir plusieurs passeports et identités, qu’ils aient accès à une fortune considérable et à une influence dans de nombreux pays, et qu’ils se montrent catégoriquement réticents à retourner volontairement au Royaume-Uni pour y être jugés, démontre globalement un risque accru de fuite qu’aucun montant de caution ne saurait surmonter», indique le dossier.

La requête de la défense déposée vendredi reconnaît qu’il existe une présomption défavorable à la libération sous caution dans le cadre d’une procédure d’extradition, mais fait valoir qu’une libération peut être accordée dans des circonstances particulières.

Elle souligne que la notoriété des frères Tate rend leur fuite pratiquement impossible et qu’ils publient régulièrement des informations sur leur localisation sur les réseaux sociaux.

Alors que le ministère public qualifie les frères de «risque de fuite», leurs avocats ont déclaré qu’ils avaient prouvé le contraire en respectant toutes les restrictions préalables au procès en Roumanie, où ils sont accusés d’avoir attiré des femmes à des fins d’exploitation sexuelle.

Le Royaume-Uni a jusqu’à la mi-septembre pour fournir au Département d’État des preuves à l’appui de l’extradition, ce qui signifie que les frères pourraient passer plusieurs mois au FDC de Miami avant que la procédure ne soit tranchée, précise la requête de la défense.

Aucune date n’a été fixée pour une audience d’extradition. Ils sont détenus dans une unité spéciale pour leur propre protection.

Les frères Tate poursuivis par des démêlés judiciaires

Les frères affirment depuis longtemps que leurs propos violents et misogynes ont été sortis de leur contexte ou étaient destinés à être des blagues.

Ces anciens kickboxeurs professionnels, qui possèdent la double nationalité américaine et britannique, comptent des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et sont des partisans déclarés du président Donald Trump.

La Maison-Blanche a mentionné que les frères ne devaient s’attendre à aucune aide de la part du président.

Les procureurs britanniques ont précisé que ces nouvelles accusations concernaient quatre nouvelles plaignantes et avaient été retenues après que les autorités eurent reçu des éléments de preuve de la police du Bedfordshire, dans le sud-est de l’Angleterre.

Les faits, qui s’étendent de 2010 à 2017, comprennent des viols, des agressions, la traite d’êtres humains et des infractions liées à «des images indécentes d’un enfant et à de la pornographie extrême».

Les frères sont déjà poursuivis pour viol, coups et blessures, traite d’êtres humains et exploitation de la prostitution à des fins lucratives concernant trois autres plaignantes au Royaume-Uni entre 2012 et 2015.

Les frères se sont installés en Roumanie en 2016 et y ont été arrêtés en 2022, accusés d’avoir participé à des stratagèmes visant à attirer des femmes à des fins d’exploitation sexuelle. Ils ont nié ces accusations, et la procédure roumaine n’a pas avancé en raison de problèmes juridiques et procéduraux.

Les avocats des Tate ont indiqué que le tribunal roumain avait accédé à la demande d’extradition du Royaume-Uni, qui prendra effet une fois la procédure roumaine terminée.

Andrew Tate, 39 ans, s’est fait connaître il y a dix ans en tant que candidat de l’émission de téléréalité britannique «Big Brother». Il avait été exclu de l’émission après la diffusion d’une vidéo semblant le montrer en train d’agresser une femme.

Il a rassemblé plus de 10 millions d’abonnés sur X, mais a été banni d’autres plateformes, notamment YouTube, TikTok et Instagram, pour avoir enfreint les règles relatives aux discours de haine.

Il a tenu des propos largement condamnés, affirmant notamment que les femmes victimes d’agressions sexuelles devaient assumer une part de responsabilité dans ces agressions et partageant des descriptions explicites de la manière dont il pourrait s’en prendre à des femmes.

Tristan Tate, 38 ans, a collaboré avec son frère dans le cadre de plusieurs activités commerciales, notamment la production de contenu pornographique en ligne via webcam.