Justice

Les États-Unis engagent des poursuites pour trafic d'armes à feu vers le Canada

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Des armes qui auraient été achetées par un prête-nom sont présentées lors d'une conférence de presse à Norristown, en Pennsylvanie, le 22 février 2023. Photo AP/Matt Rourke, archives Des armes qui auraient été achetées par un prête-nom sont présentées lors d'une conférence de presse à Norristown, en Pennsylvanie, le 22 février 2023. ARCHIVES AP (Matt Rourke)

Les États-Unis ont inculpé 13 personnes pour avoir trafiqué des armes à feu New Hampshire vers le Canada, en passant par les terres tribales d’Akwesasne, qui s’étendent sur les deux pays.

«Ce réseau de trafic aurait exploité la géographie frontalière et les couloirs de la réserve pour acheminer des armes à feu au Canada tout en tentant d’échapper à la détection des forces de l’ordre», a indiqué la procureure fédérale du New Hampshire, Erin Creegan, lors d’une conférence de presse à Concord, dans le New Hampshire, jeudi.

Selon les documents judiciaires, des membres de la réserve d’Akwesasne, dans l’État de New York, se sont rendus dans le Vermont, où ils ont demandé à Justin Jackson d’acheter des armes à feu en leur nom.

Les documents allèguent que, comme Jackson n’était pas autorisé à acheter des armes à feu, il a demandé à Melissa Longe, Dustin Tuttle, Caleb Wilcott et Doug Mulligan d’acheter des armes auprès de revendeurs agréés du New Hampshire, un stratagème connu sous le nom d’«achat par intermédiaire».

«Ces allégations brossent un tableau inquiétant de la manière dont les achats par intermédiaire alimentent des réseaux criminels violents dans tout le nord-est des États-Unis et jusqu’au Canada», a souligné Mme Creegan.

Le trafic a débuté en 2021 et s’est poursuivi au moins jusqu’en 2024, selon les documents.

Jackson, Longe, Tuttle, Wilcott et Mulligan ont plaidé coupables d’infractions fédérales liées aux armes à feu plus tôt cette année.

Huit autres personnes, toutes résidant dans la réserve mohawk d’Akwesasne, ont été mises en accusation par un grand jury fédéral au début du mois pour trafic international d’armes à feu.

Quatre d’entre elles ont été placées en détention cette semaine lors d’une opération commune menée par plusieurs agences. Les forces de l’ordre américaines ont déclaré que Jonathan Hart, Io-Rateka Swamp et Blade Oakes étaient considérés comme des fugitifs en fuite.

Les forces de l’ordre américaines ont retracé 51 armes qui auraient été livrées dans cette opération — plusieurs ayant été retrouvées sur des scènes de crime au Canada, notamment un enlèvement et une tentative de meurtre.

Mme Creegan a précisé que le démantèlement de ce réseau de trafic sophistiqué avait été rendu possible grâce à la coordination entre les forces de l’ordre américaines, canadiennes et tribales.

Thomas Greco, agent spécial du Bureau américain de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs, a expliqué que l’enquête mettait en évidence la complexité croissante du trafic transfrontalier d’armes à feu.

Les autorités canadiennes récupèrent environ 17 000 à 20 000 armes utilisées dans des crimes chaque année, selon M. Greco, et jusqu’à la moitié d’entre elles sont introduites clandestinement dans le pays depuis les États-Unis.

«Dans les grandes agglomérations canadiennes, entre 78 % et 90 % des armes de poing saisies proviennent des États-Unis et y sont introduites clandestinement», a ajouté M. Greco.

Il a indiqué que le Bureau américain de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs avait renforcé ses partenariats avec le Canada en 2023, en mettant l’accent sur l’Ontario et le Québec. Cela a permis d’améliorer considérablement la capacité des autorités canadiennes à retracer les armes utilisées dans des crimes, estime M. Greco.

Le surintendant en chef Mike Stoddart de la Police provinciale de l’Ontario a mentionné que l’enquête démontrait «l’importance des équipes d’intervention intégrées et des partenariats internationaux solides».

«Nos efforts collectifs contribuent à empêcher les armes à feu et la drogue d’atteindre nos communautés et soulignent la responsabilité commune que nous avons en matière de sécurité frontalière», a déclaré M. Stoddart dans un communiqué.

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste