Justice

Les dossiers d’Epstein révèlent ce que faisaient les responsables de la prison la nuit de son décès

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Cette photo, fournie par le registre des délinquants sexuels de l'État de New York, montre Jeffrey Epstein, le 28 mars 2017. (Registre des délinquants sexuels de l'État de New York via AP, archive) Cette photo, fournie par le registre des délinquants sexuels de l'État de New York, montre Jeffrey Epstein, le 28 mars 2017. (Registre des délinquants sexuels de l'État de New York via AP, archive) (Uncredited)

Plusieurs nouvelles informations ont été dévoilées concernant la nuit où Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule de prison le 10 août 2019. On a conclu que sa mort était un suicide.

Les caméras de sécurité placées près de la cellule d’Epstein cette nuit-là dans l’unité spéciale d’hébergement n’ont pas enregistré d’images, en raison d’un problème de longue date avec les caméras de l’établissement, selon un rapport datant de 2023 du ministère de la Justice.

Les deux gardiens de prison, Tova Noel et Michael Thomas, présents cette nuit-là, ont été notamment soupçonnés de s’être endormis au moment du décès de Jeffrey Epstein, alors qu’ils devaient faire des rondes toutes les 30 minutes.

En 2019, ils ont été formellement accusés de complot et de falsification de registres, qui indiquaient qu’ils avaient contrôlé Jeffrey Epstein toutes les 30 minutes comme requis cette nuit-là. Ils ont été congédiés par la suite, mais les poursuites fédérales ont été abandonnées.

Mme Noel, qui a commencé à travailler dans l’unité spéciale de détention du Centre correctionnel métropolitain de New York début juillet 2019, a été convoquée pour témoigner devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants. Son témoignage était prévu pour jeudi, mais a été reporté pour des raisons d’emploi du temps.

Selon les dossiers publiés par le ministère de la Justice, Tova Noel aurait recherché sur Google les dernières «nouvelles sur Epstein en prison» moins d’une heure avant que le corps du criminel ne soit retrouvé dans sa cellule vers 6h30 du matin. Cette recherche a été mise en évidence par les enquêteurs. Elle aurait également recherché des meubles et des «réductions pour les forces de l’ordre», a-t-on rapporté dans un examen médico-légal de 66 pages.

Lorsqu’elle a été interrogée par le Bureau de l’inspecteur général du ministère de la Justice en 2021, la gardienne de prison a répété à plusieurs reprises qu’elle ne s’en souvenait pas.

Toutefois, les documents rendus publics par le ministère révèlent que Tova Noel aurait fait 12 dépôts en argent comptant entre avril 2018 et juillet 2019. Elle n’a jamais été interrogée là-dessus. Selon des relevés bancaires, le dépôt le plus élevé était de 5000$ en juillet 2019.

Dans sa déclaration sous serment au ministère de la Justice, Tova Noel a affirmé qu’elle aurait vu Jeffrey Epstein vivant pour la dernière fois vers 22h et de n’avoir «jamais distribué de linge de maison» aux détenus, car cette tâche était effectuée par l’équipe précédente. Le financier déchu se serait enlevé la vie avec des bandes de tissu orange.

Elle a également déclaré aux enquêteurs qu’elle ignorait que les caméras ne fonctionnaient pas pendant son service et qu’elle ne pouvait pas les vérifier pendant son travail.

Depuis août 2021, le Metropolitan Correctional Center a été temporairement fermé en raison de problèmes de sécurités et des infrastructures délabrées.

Dossiers détruits?

Les dossiers publiés par le ministère de la Justice contiennent également les allégations d’un détenu qui a rapporté que des responsables de la prison détruisaient des documents relatifs à Epstein dans les jours qui ont suivi sa mort.

Le 19 août 2019, moins de deux semaines après la découverte du corps d’Epstein dans sa cellule, un employé du Metropolitan Correctional Center a envoyé un courriel au FBI indiquant qu’un détenu lui avait rapporté que des membres de l’équipe d’intervention post-opérationnelle du Bureau fédéral des prisons, chargés d’enquêter sur le suicide apparent d’Epstein, «détruisaient des cartons de documents» quelques jours auparavant.

«Il a déclaré qu’on lui avait même demandé de les aider à détruire des documents», avait-on indiqué dans le courriel. «Je pense qu’il est peut-être inapproprié pour une équipe d’enquête de détruire des documents liés à l’enquête et vous devriez peut-être enquêter sur les raisons pour lesquelles des employés du BOP détruisaient des dossiers.»

Lors d’un entretien avec les enquêteurs quelques semaines plus tard, en août 2019, l’employé de la prison aurait vu le détenu à la porte arrière de l’établissement avec «environ trois grands sacs de papier déchiqueté», mais il n’a pas personnellement assisté à la destruction des documents.

Il «a pensé qu’il y avait plus de documents déchiquetés que d’habitude lors de cet incident», selon la note du FBI relative à l’entretien.

En réponse au premier courriel, les enquêteurs se sont dit entre eux: «Pouvons-nous jeter un œil à la benne à ordures dès que possible pour voir si le papier s’y trouve encore? Il est possible qu’ils ne l’aient pas encore jeté.» Pourtant, aucune preuve ne suggère que la benne à ordures ait été fouillée.

Avec des informations de CNN