Justice

Le tireur de Charlie Kirk ne devrait pas écoper de la peine de mort, selon la défense

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ARCHIVE - Tyler Robinson, accusé d'avoir assassiné Charlie Kirk, assiste à une audience de la Cour d'appel du quatrième circuit des États-Unis à Provo, en Utah, le 12 juin 2026. Francisco Kjolseth /The Salt Lake Tribune via AP, Archive) ARCHIVE - Tyler Robinson, accusé d'avoir assassiné Charlie Kirk, assiste à une audience de la Cour d'appel du quatrième circuit des États-Unis à Provo, en Utah, le 12 juin 2026. Photo: The Salt Lake Tribune via AP (Francisco Kjolseth)

L’homme accusé d’avoir tué Charlie Kirk ne devrait pas être condamné à la peine de mort, car le tireur «a atteint la cible» et personne d’autre n’a été mis en danger lorsque l’activiste conservateur a été abattu depuis un toit alors qu’il s’adressait à une foule de plusieurs milliers de personnes lors d’un évènement organisé dans l’Utah l’année dernière, ont soutenu ses avocats.

Ils ont fait valoir que la balle tirée par l’accusé, Tyler Robinson, avait survolé la foule, et que les procureurs ne sont pas parvenus à prouver que le tireur savait que les personnes présentes étaient en danger, lorsqu’elles se sont présentées à l’évènement organisé par Charlie Kirk à l’Université d’Utah Valley le 10 septembre dernier.

Le fait qu’il le sache est un facteur potentiellement aggravant au regard de la loi de l’État, qui rendrait ce crime passable de la peine de mort.

«Les seules preuves présentées montrent que la balle a survolé la foule, et non pas traversé celle-ci», ont écrit les avocats de la défense dans des documents déposés mardi soir, alors qu’ils tentent d’empêcher l’affaire de se rendre devant un juge.

Les avocats de la défense ont également contesté les allégations selon lesquelles Robinson aurait pris M. Kirk pour cible en raison de ses opinions politiques.

Les procureurs affirment que Robinson a dit à son colocataire avoir tué le militant parce qu’il «en avait assez de sa haine». Mais la défense a estimé que cela ne suffisait pas à prouver ce qui avait motivé le vingtenaire, d’autant plus que les perquisitions menées dans son appartement sur ses ordinateurs et son téléphone n’ont pas permis de découvrir autre chose que cette affirmation.

Preuve présentée par la procuration

Le mois dernier, les procureurs ont présenté ce qu’ils qualifient de preuve «accablante» contre M. Robinson, notamment des tests ADN le reliant à l’arme présumée du crime et des aveux apparents de l’accusé.

Lors de cette audience, ses avocats ont remis en cause la fiabilité de ces preuves, sans toutefois proposer d’autres hypothèses expliquant l’assassinat de Charlie Kirk. La défense n’a fait aucune mention de l’ADN dans le dossier déposé mardi.

Robinson n’a pas encore fait connaître sa position dans cette affaire. Il s’est rendu à la police le lendemain du meurtre.

Ses avocats avaient auparavant tenté de faire écarter la peine de mort après que les procureurs eurent été reconnus coupables d’outrage au tribunal pour avoir évoqué l’affaire auprès des médias. Le juge de la Cour d’appel pour le quatrième circuit des États-Unis, Tony Graf, a rejeté cette demande.

Les procureurs ont jusqu’au 18 août pour répondre aux arguments de la défense. L’Associated Press a laissé des messages téléphoniques et par courriel au bureau du procureur du comté d’Utah afin d’obtenir des commentaires.

Dans des documents déposés le mois dernier, les procureurs ont affirmé que le fait que Robinson ait chargé son fusil avec quatre balles montrait qu’il savait qu’il pouvait rater son coup, «mettant ainsi d’autres personnes en danger».

Mais les avocats de la défense ont rétorqué qu’«il est tout aussi probable que le tireur ne pensait pas qu’il allait rater sa cible».

Robinson risque une aggravation de sa peine si les procureurs parviennent à prouver qu’il a pris Charlie Kirk pour cible en raison de ses opinions politiques. Ils soutiennent que la forte opposition du conférencier de droite au mariage entre personnes du même sexe et à la transition de genre entrait en contradiction avec la situation de Robinson, qui entretenait une relation amoureuse avec son colocataire, Lance Twiggs. Selon les procureurs, M. Twiggs a dit aux enquêteurs qu’il envisageait d’entamer une transition de genre autour du moment où M. Kirk a été tué.

M. Twiggs a également indiqué aux enquêteurs que Robinson parlait parfois de politique, notamment du président Donald Trump. Mais il a précisé qu’il n’avait jamais entendu son colocataire parler de Charlie Kirk avant l’assassinat. L’accusé ne s’exprimait pas non plus beaucoup sur les questions de genre ou les droits des personnes LGBTQ+, a ajouté M. Twiggs.

L’AP a contacté par courriel l’avocat de M. Twiggs pour obtenir ses commentaires.

Les plaidoiries finales de l’audience préliminaire sont prévues pour le 1er septembre. Le juge Graf décidera alors si l’affaire peut être renvoyée devant un tribunal et sur la base de quelles accusations.

Les audiences préliminaires ne durent généralement pas aussi longtemps. Selon des experts juridiques, ce rythme lent reflète l’approche prudente de M. Graf et le volume important de preuves. Les avocats de la famille de Kirk ont demandé à M. Graf de rendre sa décision le 1er septembre afin que l’affaire puisse suivre son cours.