Justice

Le procès du cerveau présumé des attentats du 11 septembre débutera en juin 2028

Khalid Cheikh Mohammed était l’un des principaux lieutenants d’Oussama ben Laden au sein du groupe jihadiste Al-Qaïda.

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Ainsley (à droite) et Sarah Jurccak déposent une fleur au nom d'un proche lors d'une cérémonie organisée pour marquer le 24e anniversaire des attentats du 11 septembre, le 11 septembre 2025, à New York. Photo AP Ainsley (à droite) et Sarah Jurccak déposent une fleur au nom d'un proche lors d'une cérémonie organisée pour marquer le 24e anniversaire des attentats du 11 septembre, le 11 septembre 2025, à New York. Photo AP (Seth Wenig)

Le procès tant attendu de Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre 2001, commencera le 5 juin 2028 à Guantanamo, où il est détenu depuis 20 ans, a annoncé jeudi la justice militaire américaine.

Ce Pakistanais élevé au Koweït, également connu sous ses initiales, KSM, (S pour Sheikh en anglais), était l’un des principaux lieutenants d’Oussama ben Laden au sein de l’organisation jihadiste Al-Qaïda, jusqu’à sa capture en mars 2003 au Pakistan.

Il sera jugé avec trois autres accusés, Walid bin Attash, Mustafa al-Hawsawi et Ammar al-Baluchi, aussi appelé Ali Abdul Aziz Ali, pour «terrorisme» et meurtre de près de 3 000 personnes dans ces attentats commis sur le sol américain, selon la décision d’un juge militaire communiquée jeudi à l’AFP par un porte-parole du tribunal.

Les quatre hommes, qui font partie des tout derniers détenus de Guantanamo, n’ont jamais été jugés, la procédure s’étant embourbée autour de la question de savoir si les tortures subies rendaient irrecevables les éléments à charge retenus contre eux.

Le juge militaire précise dans sa décision que l’accusation avait demandé que le procès débute le 11 janvier 2027 mais conclut que cette date n’est pas «réaliste» compte tenu de la nécessité de trancher auparavant sur la recevabilité de ces éléments à charge.

La défense réclame en particulier l’exclusion des aveux extorqués sous la torture ou la contrainte.

En juillet 2025, une cour d’appel américaine avait annulé l’accord de plaider coupable obtenu par Khalid Cheikh Mohammed et deux de ses co-accusés, retardant encore la résolution judiciaire de l’un des épisodes les plus traumatiques de l’histoire des États-Unis.

Ces accords, qui leur auraient sans doute évité d’encourir la peine capitale, avaient fait polémique en pleine campagne pour la présidentielle de novembre 2024.

Prisons secrètes de la CIA

KSM est surtout connu pour la photo prise de lui le soir de sa capture à Rawalpindi, au Pakistan, en 2003, les cheveux ébouriffés et la moustache touffue, vêtu d’un pyjama blanc.

Avant son transfert à Guantanamo en septembre 2006, il est passé par les prisons secrètes de la CIA en Pologne pour y subir des séances d’interrogatoire sous la torture. Il a notamment été soumis 183 fois au «waterboarding» (noyade simulée) en quatre semaines.

«J’étais responsable de l’opération du 11— septembre, de A à Z», avait fièrement déclaré Khalid Cheikh Mohammed devant un tribunal militaire.

Il dit aussi avoir été à la manœuvre de trente autres opérations dont des attentats liés à Al-Qaïda à Bali (Indonésie) et au Kenya ainsi que du meurtre du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan.

La prison de Guantanamo, où jusqu’à environ 800 prisonniers ont été détenus, a largement terni l’image des États-Unis dans le monde.

Les présidents démocrates Barack Obama puis Joe Biden se sont engagés à fermer la prison.

Mais celle-ci est encore ouverte et l’administration républicaine de Donald Trump l’a notamment utilisée comme centre de rétention pour des centaines d’immigrés expulsés.