Le petit-fils de feu le chef de la mafia John Gotti, vedette d’une émission de télé-réalité, s’est présenté à la prison fédérale après avoir tenté de repousser l’exécution de sa peine pour fraude en affirmant qu’il allait faire don d’un rein à sa mère malade, Victoria Gotti.
Le Bureau fédéral des prisons a confirmé mardi que Carmine Agnello avait commencé à purger sa peine de 15 mois la veille à l’établissement correctionnel fédéral de Fairton, dans le sud du New Jersey.
M. Agnello, qui a joué dans l’émission Growing Up Gotti au milieu des années 2000, devait initialement se présenter en prison en juillet. Mais la juge Nusrat Choudhury, de la Cour de district des États-Unis, a accepté de reporter cette date au 18 septembre, estimant que cela lui laisserait suffisamment de temps pour se remettre de l’intervention chirurgicale, en supposant que celle-ci ait eu lieu avant le 10 août, comme l’avait laissé entendre M. Agnello.
Ses avocats ont indiqué dans des documents déposés devant le tribunal que Victoria Gotti, la fille de l’ancien chef de la famille criminelle Gambino de New York, souffre d’une maladie rénale chronique.
Lundi, toutefois, en l’absence de toute opération en vue, le juge Choudhury a ordonné à M. Agnello de se présenter immédiatement aux autorités fédérales.
«Étant donné qu’il n’existe aucune preuve concrète qu’une greffe d’organe soit prévue entre aujourd’hui et le 18 septembre 2026, la demande d’un nouveau report de la présentation volontaire de M. Agnello est injustifiée», a-t-il dit.
L’avocat de Carmine Agnello, Robert Beltrani, a indiqué dans une lettre que les chirurgiens avaient besoin de plus de temps pour fixer une date d’opération, car Mme Gotti souffrait d’infections.
«Il est incontestable que Carmine est un donneur parfaitement compatible avec Mme Gotti», a-t-il plaidé. «Il demande simplement à la Cour de lui permettre de rester à la disposition de sa mère pendant cette période très limitée, le temps que ses médecins déterminent si et quand elle pourra subir la greffe.»
Les procureurs s’y sont opposés, soulignant qu’un rapport médical joint à la lettre de l’accusé indiquait que les médecins s’efforçaient d’« identifier l’étiologie et le traitement approprié » des infections récurrentes de Mme Gotti et qu’aucune greffe ne pourrait avoir lieu tant que celles-ci ne seraient pas entièrement soignées.
«De toute évidence, l’intervention de greffe n’est pas imminente», a déclaré Joseph Nocella, procureur fédéral du district de l’Est de New York.
Le bureau du procureur a refusé de faire d’autres commentaires, et les avocats de M. Agnello n’ont pas immédiatement répondu aux courriels. La mère n’a pas non plus répondu.
Carmine Agnello a plaidé coupable en 2024 de fraude par télécommunication après que les procureurs eurent affirmé qu’il avait obtenu frauduleusement 1,1 million de dollars américains en prêts dans le cadre d’un programme fédéral destiné à aider les petites entreprises pendant la pandémie de COVID-19.
Résidant à Long Island, il a obtenu ces prêts au nom de son entreprise, Crown Auto Parts & Recycling LLC, mais a menti quant au nombre d’employés, à son casier judiciaire et à l’utilisation qu’il comptait faire des fonds, ont indiqué les procureurs.
L’entreprise avait cessé ses activités avant même que l’accusé ne présente sa demande de prêt, qu’il a finalement utilisé pour d’autres projets, notamment un investissement de 420 000 $ dans une entreprise de cryptomonnaie, ont précisé les procureurs.
Aujourd’hui âgé de 40 ans, il était adolescent lorsque lui et ses frères ont brièvement connu la célébrité grâce à leurs coiffures gominées dans l’émission Growing up Gotti, qui suivait la vie de la famille à Long Island.
Son grand-père s’était vu attribuer les surnoms de Teflon Don et Dapper Don en raison de son style flamboyant et de sa capacité à échapper à certaines des accusations criminelles dont il a fait l’objet au fil des ans. Il est décédé dans une prison fédérale du Missouri en 2002, à l’âge de 61 ans.
La prison du New Jersey où Carmine Agnello est actuellement incarcéré a accueilli plusieurs détenus notoires au fil des ans.
Plus récemment, l’ancien député new-yorkais George Santos, tombé en disgrâce, y a purgé moins de trois mois d’une peine de plus de sept ans avant que le président américain Donald Trump ne lui accorde la grâce l’année dernière.
