L’État du New Jersey a annoncé mardi poursuivre en justice le groupe privé gérant un centre de détention pour migrants qu’il accuse de ne pas respecter le droit à des conditions décentes et devant lequel des manifestations ont lieu depuis plusieurs jours.
Face aux «préoccupations concernant des conditions de détention jugées insalubres et inhumaines», la plainte déposée contre le groupe GEO exige que les autorités sanitaires locales puissent avoir accès à ce centre situé à Newark, écrivent les services de la gouverneure démocrate, Mikie Sherrill.
«Si le groupe — qui bénéficie d’un contrat public d’un milliard de dollars — n’a rien à cacher et si les conditions à l’intérieur de Delaney Hall sont aussi sûres et salubres» qu’il le prétend, «il n’existe aucune raison légitime d’empêcher mes inspecteurs sanitaires d’avoir un accès complet à l’ensemble du bâtiment», estime la gouverneure, citée dans un communiqué.
Des manifestations se tiennent depuis plusieurs jours devant cet établissement de 1000 places utilisé par la police fédérale de l’immigration (ICE), après que des migrants qui y sont détenus ont entamé une grève de la faim et du travail pour protester contre leurs conditions de vie.
Ils se sont notamment plaints «que l’eau était impropre à la consommation, que certains se voyaient refuser des soins médicaux ou les traitements nécessaires, et que des maladies comme la grippe ou la COVID-19 se propageaient au sein de l’établissement», souligne le communiqué.
Le maire démocrate de Newark, Ras Baraka, a lui réclamé la fermeture pure simple du centre, selon des médias locaux.
Des heurts réguliers entre policiers et manifestants se relayant nuit et jour aux abords de l’établissement ont conduit les autorités locales à ordonner un couvre-feu nocturne autour du centre.
