Le Canada a signé une déclaration commune en soutien à la Cour pénale internationale (CPI) après que les États-Unis ont décidé vendredi d’imposer des sanctions à cette organisation.
Le Canada s’est joint au Danemark, à l’Allemagne, à la France, à l’Italie, au Japon, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni pour publier cette déclaration, dans laquelle ils expriment leur profond désaccord avec ces sanctions.
La déclaration précise que les signataires réaffirment leur «soutien constant et indéfectible à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la CPI».
Elle précise que si ces sanctions entrent en vigueur, elles «auront une incidence considérable sur le travail de la CPI, son personnel dévoué et leurs familles. Ce personnel travaille chaque jour à traduire en justice les personnes accusées des crimes internationaux les plus graves et à soutenir leurs victimes».
Ces sanctions privent la Cour de l’accès aux services financiers et aux entreprises technologiques basés aux États-Unis, ainsi qu’à la devise américaine. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une campagne américaine visant à démanteler le tribunal en réponse aux enquêtes menées à l’encontre des États-Unis et de leurs alliés, dont Israël.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé ces sanctions vendredi, qualifiant la CPI de «factice».
«Nous interdirons toute transaction avec ce tribunal voyou, en coupant ses ressources et en paralysant sa capacité à agir contre nous, a-t-il dit dans une déclaration vidéo. Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI.»
Il a ajouté qu’il attendait des alliés des États-Unis qu’ils «mettent un frein à cette cour rebelle», et, s’ils ne le font pas, «les États-Unis poursuivront leur campagne visant à démanteler la CPI pièce par pièce jusqu’à ce que les Américains ne soient plus menacés».
Ces sanctions ont été annoncées après l’attribution du prix Nobel de la paix à la juriste sud-africaine Navi Pillay.
Mme Pillay présidait une commission qui a conclu l’année dernière qu’Israël était responsable d’un génocide avec l’intention explicite d’anéantir les Palestiniens de Gaza.
L’administration Trump avait déjà sanctionné des responsables de la CPI, notamment la juge canadienne Kimberly Prost. Mme Prost avait été sanctionnée l’année dernière pour avoir autorisé une enquête de la CPI sur les agissements du personnel américain en Afghanistan.
Le Département d’État a également pris des mesures à l’encontre de responsables de la CPI originaires de France, des Fidji et du Sénégal, dans le cadre de l’enquête menée par la Cour sur les agissements d’Israël à Gaza et en Cisjordanie.
M. Rubio avait déclaré à l’époque que les États-Unis «demanderaient des comptes aux responsables des actions moralement répréhensibles et juridiquement infondées de la CPI à l’encontre d’Américains et d’Israéliens».
— Avec des informations de l’Associated Press et de Kelly Geraldine Malone

