Le Conseil du comté d’Arlington, en Virginie, a intenté jeudi une action en justice pour s’opposer à la construction de l’arc de triomphe, devenant ainsi la première collectivité locale à engager une procédure judiciaire contre le projet de monument du président Donald Trump.
La plainte, déposée devant le tribunal du district est de Virginie, dénonce la rapidité avec laquelle le projet prévu au Memorial Circle a avancé sans passer par l’ensemble du processus d’examen.
«Le Service des parcs nationaux, l’agence responsable des projets sur les terrains des parcs nationaux tels que Memorial Circle, avance à toute vitesse vers des travaux de terrassement», indique la plainte. «Bien que l’agence ait affirmé qu’aucune décision définitive concernant la construction de l’Arc n’avait encore été prise et qu’elle prétende suivre un processus décisionnel habituel, cette procédure précipitée semble n’être qu’un prétexte destiné à étayer les justifications de la construction de l’Arc, conformément aux ordres répétés du président.»
La plainte demande que «le rythme effréné adopté par l’agence en vue de la construction de l’arc» soit interrompu afin de garantir le respect des exigences de la loi nationale sur la politique environnementale (National Environmental Policy Act) et la réalisation d’analyses et de tests appropriés.
«Le Conseil du comté d’Arlington a intenté cette action en justice car c’est notre communauté qui a le plus à perdre avec ce projet proposé, scandaleux et illégal», a déclaré Matt de Ferranti, président du Conseil du comté d’Arlington, dans un communiqué.
Il a ajouté que le comté avait agi de bonne foi tout au long du processus d’examen, en soulignant les «impacts négatifs graves, uniques et de grande ampleur» que le projet aura sur le comté et ses habitants, pour finalement constater que ceux-ci étaient ignorés.
Memorial Circle est situé sur un terrain appartenant au parc fédéral, à l’ouest du fleuve Potomac, de l’autre côté du Memorial Bridge, et jouxte directement le comté d’Arlington.
Le comté est représenté dans cette action en justice par l’association de défense des droits Democracy Forward.
La Maison-Blanche et le ministère de l’Intérieur n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Cette action en justice intervient juste un jour après que Sara Nelson, présidente de l’Association of Flight Attendants-CWA, a fait part de ses inquiétudes quant au fait que l’arc de 76 mètres aggrave de multiples problèmes de sécurité qui, selon elle, n’ont pas été résolus depuis un accident mortel survenu en janvier 2025 au-dessus du fleuve Potomac, qui avait coûté la vie à 67 personnes. Mme Nelson a également critiqué le projet de Donald Trump visant à transformer l’arc en «complexe militaire de premier ordre» capable d’accueillir des drones et des tireurs d’élite tout en stockant des munitions.
Bien que l’arc ait reçu l’accord préliminaire de la Commission des beaux-arts des États-Unis, dont tous les membres ont été nommés par Donald Trump, un groupe composé de trois anciens combattants et d’un historien de l’architecture a porté plainte devant un tribunal fédéral à Washington, D.C., affirmant que le projet devait être approuvé par le Congrès. Le juge responsable de cette affaire a déclaré que l’administration devait accorder au tribunal un délai de 48 heures avant d’entreprendre toute activité liée à la construction de l’arc ou en vue de celle-ci.
Cet arc fait partie des nombreux projets menés par Donald Trump à Washington dans le cadre de sa refonte de la ville, allant de la rénovation de l’un de ses célèbres parcours de golf publics à la menace de démolir le Centre John F. Kennedy pour les arts du spectacle.
