Justice

Lait végétal et «prix abusifs»: un recours collectif autorisé contre les grandes chaînes de cafés

«Je pense que c’est injuste, je pense que c’est scandaleux.»

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STARBUCKS-1.6833264 (STARBUCKS)

Un juge québécois a autorisé un recours collectif contre des grandes chaînes de cafés, qui auraient affiché des prix abusifs aux clients pour les substituts au lait de vache.

L’avocat montréalais représentant le plaignant a déclaré que cette pratique constituait clairement un cas de «prix abusifs» à l’encontre des clients qui ne peuvent pas ou choisissent de ne pas boire de lait ordinaire et optent pour d’autres options, comme le lait de soja, d’amande ou d’avoine.

«Je pense que c’est injuste, je pense que c’est scandaleux, et c’est pourquoi nous avons voulu leur demander des comptes», a avancé Joey Zukran, avocat chez LPC Avocats, lors d’une entrevue vendredi.

Selon le jugement rendu mercredi, Starbucks a admis qu’il lui en coûtait 0,12 $ de plus pour remplacer le lait de vache par une option non laitière, alors qu’il facture 0,80 $ au client pour cette alternative.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«De son propre aveu, Starbucks facture donc aux consommateurs plus de six fois le coût qu’elle paie lorsqu’elle remplace le lait de vache par du lait végétal ou sans lactose dans ses boissons», a expliqué la juge Catherine Martel de la Cour supérieure dans son jugement.

«En effet, il ne semble pas futile ni manifestement infondé de soutenir qu’il est disproportionné de facturer au consommateur plus de six fois ce qu’il en coûte au commerçant de remplacer le lait de vache par du lait végétal dans son thé ou son café, et que cette disproportion est suffisamment importante pour causer un préjudice grave au consommateur.»

Le recours collectif désigne Starbucks, Tim Hortons et Second Cup comme défendeurs. La plaignante est Liel Ohayon, une résidente de Montréal végétalienne et cliente régulière de Starbucks et Tim Hortons, qui s’est insurgée contre le fait que sa boisson préférée — un latte au matcha — coûtait 6 $ chez Second Cup et Starbucks avec du lait de vache, mais 6,80 $ avec du lait de soja ou d’avoine.

Zukran a déclaré à CTV News qu’il appartiendra au juge de décider si le fait de facturer six fois le coût constitue ou non un abus au regard de la Loi sur la protection du consommateur du Québec.

«Pris individuellement, cela peut ne pas sembler astronomique, mais si l’on considère le chiffre d’affaires total cumulé de tous les cafés ou boissons vendus au Québec, auxquels un substitut non laitier a été ajouté au coût de 80 cents par article, cela pourrait potentiellement représenter des millions de dollars», a-t-il indiqué.

Le recours collectif inclut tous les consommateurs du Québec qui ont payé un supplément pour du lait non laitier dans leur boisson chez Starbucks (entre le 30 décembre 2021 et le 7 novembre 2024), chez Second Cup (entre le 30 décembre 2021 et le 27 février 2025) et chez Tim Hortons (entre le 30 décembre 2021 et le 2 janvier 2025).

À l’automne 2024, Starbucks a annoncé qu’il ne facturerait plus de supplément à ses clients pour le lait végétal. Tim Hortons a emboîté le pas en janvier 2025, et Second Cup a fait de même le mois suivant.

M. Zukran a déclaré que ces entreprises devraient tout de même être tenues responsables de leurs pratiques commerciales antérieures et que, selon l’issue du procès, cela pourrait créer un précédent et encourager d’autres chaînes de cafés à prendre des mesures similaires.