Justice

La plateforme de prédiction Kalshi poursuivie en justice à New York

«En ignorant nos lois, Kalshi mène une activité illégale et porte préjudice aux New-Yorkais.»

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Un téléphone affiche les transactions de cryptomonnaies sur Kalshi, le jeudi 16 avril 2026, à Portland, dans l'Oregon. Photo AP Un téléphone affiche les transactions de cryptomonnaies sur Kalshi, le jeudi 16 avril 2026, à Portland, dans l'Oregon. Photo AP (Jenny Kane)

L’État de New York a annoncé vendredi l’ouverture de poursuites contre la plateforme de prédiction Kalshi, qu’il accuse d’activité illégale de paris en ligne, selon la procureure générale Letitia James.

Dans sa plainte, la magistrate fait valoir que Kalshi, où les utilisateurs peuvent parier sur des événements d’actualité, viole les lois de l’État américain en opérant sans licence appropriée depuis son lancement en 2021.

Elle demande au tribunal d’ordonner à la plateforme de cesser ses activités, d’indemniser ses clients, de confisquer tous les gains illégaux et de payer des amendes équivalant «au triple» de ces gains.

«Peu importe comment elles se définissent, les plateformes de prédiction comme Kalshi sont des plateformes de jeu, tout simplement», a déclaré Mme James dans un communiqué.

Une affiche publicitaire pour la plateforme de marchés prédictifs Kalshi est accrochée à l'angle de la 13e rue et de la rue L, dans le nord-ouest de Washington, le 1er avril 2026. Photo AP Une affiche publicitaire pour la plateforme de marchés prédictifs Kalshi est accrochée à l'angle de la 13e rue et de la rue L, dans le nord-ouest de Washington, le 1er avril 2026. Photo AP (Allison Robbert)

«En ignorant nos lois, Kalshi mène une activité illégale et porte préjudice aux New-Yorkais», a-t-elle ajouté, mettant en avant la législation stricte de l’État pour protéger les mineurs et prévenir la dépendance aux jeux de hasard.

«Kalshi a choisi d’ignorer les lois de l’État de New York relatives aux jeux (…) Ce choix a des conséquences», a renchéri la gouverneure démocrate de l’État, Kathy Hochul, dans le même communiqué.

La plateforme a dénoncé en retour une «gesticulation politique». «Les États ne peuvent pas simplement fermer une plateforme d’échange disposant d’une licence fédérale», a réagi une représentante de Kalshi, Elisabeth Diana, dans un communiqué.

Soupçons de délits d’initiés

Kalshi est l’une des deux plateformes dominant les marchés de prédiction aux États-Unis, avec son concurrent Polymarket.

De plus en plus importants — des dizaines de milliards de dollars y circulent chaque année — ces marchés sont pour le moment régulés au niveau fédéral par la CFTC, spécialisée dans les produits financiers.

Ils diffèrent en cela du reste du secteur des jeux d’argent, contrôlé de façon étroite par les États américains.

Les soupçons de manipulation et de délits d’initiés se sont multipliés ces derniers temps en lien avec les activités de Kalshi et Polymarket.

Plusieurs comptes ont engrangé environ 1,2 million de dollars de bénéfices en pariant sur la date du déclenchement des opérations militaires américaines contre l’Iran quelques heures seulement avant les premières frappes.

En janvier, un autre utilisateur a empoché plus de 400 000 dollars de profit en pariant environ 33 000 dollars sur l’éviction du président vénézuélien Nicolas Maduro, quelques heures avant que les premières informations ne filtrent.

Ce parieur, un soldat américain de 38 ans qui avait «accès à des informations sensibles, non publiques et classifiées», selon le ministère de la Justice américain, a été inculpé pour fraude en avril. Il encourt jusqu’à 50 ans de prison.

Le fils de Donald Trump, Donald Jr., est par ailleurs conseiller et investisseur chez Polymarket, sa société d’investissement ayant acquis une participation dans l’entreprise.

Les plateformes comme Kalshi et Polymarket restent illégales ou non réglementées dans la plupart des pays en dehors des États-Unis.