Justice

La mère de Norah et Romy Carpentier s’entend avec la SQ sur une indemnité

Rappelons que le rapport du coroner sur le décès de Norah et Romy avait soulevé de nombreuses lacunes

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Romy and Norah Une photo diffusée par la famille montre Romy, à gauche, et Norah Carpentier, au funérarium de Lévis, au Québec, le lundi 20 juillet 2020. Romy et Norah Carpentier ont été retrouvées mortes à Saint-Apollinaire, au Québec. Une chasse à l'homme a été lancée pour retrouver le père des deux fillettes disparues.

Une entente est finalement intervenue entre la mère de Norah et Romy Carpentier et la Sûreté du Québec (SQ).

Depuis trois ans, Amélie Lemieux réclamait une indemnité après le cafouillage entourant les recherches sur la disparition des enfants, tuées par leur père en juillet 2020, à Saint-Apollinaire, en Chaudière-Appalaches.

Le montant versé ne sera pas dévoilé, mais Mme Lemieux a fait savoir à Noovo Info qu’elle était satisfaite.

Rappelons que le rapport du coroner Me Luc Malouin sur le décès de Norah et Romy avait soulevé de nombreuses lacunes, dont l’alerte média qui avait tardé à être lancée, le manque de coordination des effectifs au sein de la SQ et le manque de formation en recherche et sauvetage.

Pendant de longues heures, Norah et Romy, 11 et 6 ans, étaient introuvables, en juillet 2020. L’accident et la disparition de Martin Carpentier et ses filles ont eu lieu la soirée du 8 juillet. L’alerte AMBER a toutefois été déclenchée que le lendemain après-midi.

Le coroner jugeait d’ailleurs que l’alerte n’a apporté aucun élément permettant de faire avancer l’enquête. «Sur 350 informations reçues par les policiers à la suite de l’alerte, aucune n’a été utile [...] En fait, elle n’a fait que générer un grand travail de vérifications par les policiers qui n’a apporté aucun résultat concret», peut-on lire dans le rapport de 85 pages.

À la lumière des conclusions du coroner Malouin, les procureurs de la famille Carpentier ont recommandé de «diffuser des alertes média même si les critères de l’alerte AMBER ne sont pas satisfaits.»

«Trop peu trop tard»

Les recherches de la SQ pour retrouver Martin Carpentier et ses deux filles ont tardé à prendre en compte le caractère dépressif et non communicatif du père et plusieurs décisions de recherche en ont beaucoup souffert dans les heures suivant leur disparition, a entre autres affirmé un expert en recherches terrestres pendant l’enquête.

Me Malouin en est arrivé aux mêmes conclusions dans son rapport. «Je reste avec la conviction que l’on a tardé à traiter le dossier comme le pire des scénarios, et que dans la hiérarchie policière, certains ont oublié cette notion essentielle», soutien Me Malouin.

Le coroner conclut qu’il y a eu des manquements dans les «instances hiérarchiques» de la SQ concernant «l’urgence de la situation». Selon ce dernier, les autorités responsables du dossier ont tardé à planifier «les ressources pour commencer le plus tôt possible les recherches.»

Me Malouin a critiqué le travail de la SQ, notamment dans la phase des recherches terrestres. Le temps que la SQ a mis avant de déployer du «personnel compétent» est résumé en quelques mots dans le rapport: «trop peu, trop tard».

Le manque d’effectif a aussi été montré du doigt. «Il est clair que, dans un dossier comme le présent dossier, l’enquêteur a vite été débordé par la situation. C’était un jeune enquêteur qui n’avait pas encore fini sa formation et avait peu d’expérience [...] je crois que lors de la disparition d’enfants de moins de 13 ans, la présence de deux enquêteurs n’est pas un luxe», a souligné le coroner.

Rappelons que les manquements ont été si importants dans le dossier que la mère des fillettes Carpentier, Améie Lemieux, a avoué lors des audiences n’avoir plus aucune confiance en la police.

Avec de l’information de Noovo Info