La mère des deux enfants noyés par leur père dans une maison de Laval a fondu en larmes en témoignant au sujet du jour d’octobre 2022 où ils ont été retrouvés morts dans la maison familiale.
«Je ne savais pas que je ne reverrais plus jamais mes enfants», a déclaré Rama Rani Arora, luttant contre ses larmes alors qu’elle témoignait par l’intermédiaire d’un interprète punjabi au palais de justice de Laval.
Kamaljit Arora, 49 ans, a admis avoir causé la mort par noyade de sa fille de 13 ans et de son fils de 11 ans, mais a plaidé non coupable des quatre chefs d’accusation retenus contre lui, dont 2 chefs de meurtre au premier degré.
La Couronne a déclaré à la cour qu’elle prouverait que ces actes étaient prémédités.
L’identité des deux jeunes victimes fait l’objet d’une interdiction de publication.
Arora est également accusé d’avoir tenté de tuer sa fille aînée et d’avoir tenté d’étrangler sa femme, Rama Rani Arora, le 17 octobre 2022.
Rama Rani Arora a déclaré à la cour que son mari souffrait de dépression depuis plusieurs années avant les meurtres et était très anxieux avant la découverte des enfants.
Le jury a appris que le couple s’était réveillé tôt ce matin-là pour se rendre à leurs emplois respectifs.
Rama Rani Arora a témoigné que son fils se réveillait généralement avec elle tôt le matin, mais que ce jour-là, ses deux enfants dormaient encore, elle n’avait donc pas eu l’occasion de leur parler.
Souvent, lorsqu’elle parlait des enfants, son témoignage se transformait en sanglots.
À son retour du travail, elle a trouvé son mari déjà à la maison. Ses vêtements étaient trempés et il souffrait d’anxiété à cause d’un prétendu accident au travail.
«Au bout d’un moment, j’ai demandé où étaient les enfants, a raconté la femme. Il (Kamaljit) m’a répondu: “Ils se disputent tous les deux, je les ai mis dans des chambres séparées”».
Finalement, le couple est parti chercher leur fille aînée, âgée de 18 ans, à son travail et est rentré à la maison.
«Même lorsque nous sommes rentrés à la maison, mes enfants ne sont pas descendus et je ne me suis pas demandé pourquoi ils ne venaient pas me voir ce jour-là», a témoigné la mère.
Rama Rani Arora a demandé à sa fille d’aller chercher les médicaments contre l’anxiété de son père dans la chambre à coucher à l’étage.
«Il ne voulait pas qu’elle monte à l’étage. Je lui ai dit: laisse-la y aller. Elle est montée à l’étage et elle a crié», s’est rappelée la mère.
Rama Rani Arora a affirmé que son mari avait alors essayé de l’étrangler pour l’empêcher de voir les corps. La fille de 18 ans est alors venue mordre la main de l’homme parce que sa mère ne pouvait plus respirer. Elle a finalement réussi à se libérer.
L’accusé a alors menacé de prendre des pilules si quelqu’un appelait la police. La fille aînée a réussi à courir chez un voisin qui a appelé la police.
Le procureur a noté dans son exposé introductif que Kamaljit Arora avait consommé du fentanyl.
L’une des avocates de la défense de l’accusé, Élise Pinsonnault, a contre-interrogé Rama Rani Arora, en mettant l’accent sur les problèmes de dépression dont souffrait Kamaljit Arora depuis des années.
Elle lui a notamment posé des questions sur la façon dont elle l’accompagnait lors de ses fréquentes visites chez le médecin et de ses quelques hospitalisations.
Le contre-interrogatoire se poursuivra vendredi.
Le procès a révélé que le couple était arrivé au Canada en provenance d’Inde en juin 2015 à la recherche d’une vie meilleure pour leurs enfants.
Le procès devant jury est présidé par le juge Alexandre Bien-Aimé de la Cour supérieure du Québec et devrait durer jusqu’à cinq semaines.

