Une cour d’appel américaine a relancé lundi des centaines de poursuites contre le laboratoire Kenvue, accusé par des particuliers d’avoir dissimulé des informations quant à un lien, non avéré scientifiquement, entre son médicament Tylenol (paracétamol) et l’autisme.
Sans s’exprimer sur le fond de ces accusations, cette cour d’appel fédérale a estimé que le tribunal de première instance avait «outrepassé son pouvoir discrétionnaire» en excluant les témoignages de trois experts présentés par les plaignants.
«Nous ne nous prononçons pas sur l’existence d’un lien de causalité», entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et le développement de l’autisme et ou d’un trouble du déficit de l’attention (TDAH) chez l’enfant, ont toutefois souligné les juges.
Leur décision ravive les poursuites qui avaient été classées sans suite par ce tribunal de première instance.
La question d’un lien entre cet antidouleur très populaire et l’autisme est vivement contestée par des organisations médicales et scientifiques, mais a notamment été mise en avant par le président Donald Trump.
«Il n’existe actuellement aucune donnée scientifique solide confirmant un lien possible entre l’autisme et la prise de paracétamol (également connu sous le nom d’acétaminophène) pendant la grossesse», avait rappelé en septembre 2025 l’Organisation mondiale de la santé.
Le paracétamol reste l’antidouleur de référence pour les femmes enceintes, à l’inverse de l’aspirine ou de l’ibuprofène, ces derniers présentant des risques avérés pour le fœtus.
Cette décision judiciaire «ne change rien au fait que des données scientifiques crédibles et indépendantes ne démontrent aucun lien avéré» entre le Tylenol et le développement de troubles du neurodéveloppement, a déclaré un porte-parole du laboratoire Kenvue auprès de l’AFP.
«La science compte» et «nous avons désormais une nouvelle occasion de démontrer que les avis des experts des plaignants ne sont pas fiables et ne devraient pas être admis dans cette affaire», a-t-il ajouté.
