L’homme d’affaires milliardaire Frank Stronach, qui était accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs femmes il y a plusieurs décennies, a été reconnu coupable d’agression sexuelle et d’attentat à la pudeur.
Âgé de 93 ans, M. Stronach avait plaidé non coupable des 12 chefs d’accusation découlant d’incidents présumés impliquant sept plaignantes.
Le procès a commencé en février et, à l’issue des plaidoiries en avril, le ministère public a retiré un chef d’accusation et convenu que M. Stronach devait être déclaré non coupable pour quatre autres.
La juge Anne Molloy, de la Cour supérieure de l’Ontario, avait à son tour déclaré qu’elle ne pouvait pas condamner l’homme d’affaires sur la base du témoignage de l’une des plaignantes restantes, dont elle jugeait le récit peu fiable.
M. Stronach se retrouvait donc confronté à cinq chefs d’accusation liés à trois plaignantes.
L’une de ces trois femmes était une ancienne employée du «Rooney’s», le restaurant et complexe de vie nocturne très prisé dont M. Stronach était propriétaire, tandis que les deux autres ont affirmé l’avoir rencontré pour la première fois dans cet établissement.
Lors d’une audience qui s’est tenue vendredi, la juge Molloy a déclaré Frank Stronach coupable de deux chefs d’accusation: agression sexuelle à l’encontre de l’ancienne employée et attentat à la pudeur à l’encontre d’une femme qui fréquentait le «Rooney’s» dans les années 1970.
L’ancienne employée a témoigné qu’elle avait accepté de souper avec M. Stronach un soir au début des années 1980, après l’avoir contacté pour obtenir des informations sur son licenciement du «Rooney’s».
Au restaurant, M. Stronach lui a donné l’impression d’être un «mentor paternel», mais la femme a dit s’être sentie mal à l’aise lorsqu’il lui a proposé de venir voir son appartement, situé à proximité, après le repas.
Elle a senti son cœur battre à tout rompre presque immédiatement après être entrée dans l’appartement, a-t-elle témoigné. Lorsqu’elle a insisté pour partir, Frank Stronach l’a aidée à enfiler son manteau, en la pelotant au passage, a-t-elle raconté. La femme a affirmé qu’il avait fait courir ses mains de haut en bas sur son corps, touchant ses seins et ses hanches.
La femme est partie, et quelques jours ou semaines plus tard, elle a reçu un appel lui proposant un entretien d’embauche chez Magna International, l’entreprise fondée par M. Stronach dans les années 1950. Elle a fini par travailler dans cette entreprise pendant plusieurs années, mais n’a pas collaboré directement avec M. Stronach, a-t-elle précisé.
La femme sur laquelle Frank Stronach s’est rendu coupable d’attentat à la pudeur a témoigné qu’elle fréquentait régulièrement le «Rooney’s» et qu’elle l’y avait souvent vu. Un soir de 1977, ils ont mangé du homard au restaurant, puis M. Stronach l’a invitée à visiter son appartement, a-t-elle dit à la barre.
Une fois à l’intérieur de l’appartement, M. Stronach a disparu pendant quelques minutes, puis la femme a senti une poussée qui l’a fait basculer par-dessus l’accoudoir d’un fauteuil. Frank Stronach a soulevé sa jupe et elle a senti son pénis en érection contre ses sous-vêtements, comme s’il essayait de la pénétrer, a-t-elle ajouté.
La femme a déclaré avoir fini par se libérer en se levant, puis avoir pris son manteau et son sac à main avant de partir. Elle ne se souvenait pas que quelqu’un ait parlé.
La juge Molloy a estimé qu’il y avait trop d’incertitudes pour condamner M. Stronach sur les chefs d’accusation liés à la troisième plaignante restante.
Une audience de détermination de la peine est prévue en septembre.
Frank Stronach devra également faire face à un autre procès pour des chefs d’accusation similaires à Newmarket, en Ontario. Celui-ci devrait se tenir en mai 2027.

