L’expression «la justice est aveugle» signifie que la justice doit être impartiale et rendre des décisions sans être influencée par la richesse ou le pouvoir, notamment.
Bien qu’il soit possible pour n’importe qui d’être représenté devant les tribunaux, incluant les plus démunis par le biais de l’aide juridique, il en va tout autrement lorsque vient le temps de consulter un avocat, une démarche qui est loin d’être à la portée de tous.
C’est pourquoi Juripop offrira pour une 11e année consécutive ses cliniques juridiques gratuites dans le métro de Montréal à tous les jeudis du mois de mars, soit les 5, 12, 19 et 26 mars prochain, à la station Place-des-Arts.
Accès difficile à la justice
«Il y a un grand, grand défi d’accès à la justice au Québec», explique la directrice des services juridiques à Juripop, Me Elyse Desjardins, en entrevue avec La Presse Canadienne.
«À chaque jour, on reçoit des appels de personnes qui ont des problèmes très sérieux, qui sont souvent des problèmes vitaux. On parle de gens qui sont à risque de perdre leur logement et dans certains cas de se retrouver en situation d’itinérance, de femmes qui sont victimes de violence conjugale, qui ont des besoins de représentation en droit de la famille. Pour beaucoup d’entre eux et elles, l’accès à la justice n’est pas possible», déplore-t-elle.
Juripop profite du Mois de la justice pour reprendre cette démarche à l’approche du renouvellement des baux, alors que les locataires ont reçu les avis d’augmentation de loyer de leur propriétaire. Avec la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), les questions entourant l’immigration seront aussi au cœur des expertises offertes par une soixantaine d’avocats et de notaires.
Dans le cas des notaires, «il y a des questions, par exemple, en matière de vente, d’achat de propriété où ils peuvent aider, mais par rapport aux questions de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, beaucoup de questions liées aux testaments, aux successions», illustre Me Desjardins.
Rencontres courtes mais utiles
Ces experts et expertes seront à pied d’œuvre de midi à 18 h 00 et offriront donc des consultations juridiques gratuites individuelles de 15 minutes pour aider chaque personne qui le désire à mieux comprendre ses droits et ses recours. La durée des consultations est évidemment limitée en raison de la forte demande: l’an dernier les 51 juristes bénévoles ont offert pas moins de 260 consultations et on s’attend à atteindre ce chiffre à nouveau cette année.
«Normalement, tout le monde, tous les gens qui se présentent vont avoir une réponse, explique Me Desjardins. Ça roule assez bien. C’est notre 11e édition avec un système logistique qui est bien rodé. Donc, des consultations qui sont courtes, mais justement pour donner la chance à tout le monde d’avoir une réponse ou une consultation.
«En 15 minutes, on ne peut pas régler tous les problèmes d’une personne, mais on peut l’orienter, lui donner de l’information, la guider, puis l’orienter vers d’autres ressources avec qui elle va pouvoir peut-être poursuivre.»
Outre le logement et l’immigration, d’autres expertises seront accessibles, notamment en droit de la famille, du travail ainsi qu’en matière de succession et de justice administrative, c’est-à-dire, par exemple, en ce qui a trait aux contraventions.
On ne se surprendra guère qu’en pleine crise du logement, les droits et recours des locataires ont occupé le quart des consultations de l’an dernier. L’ajout en 2026 de l’expertise en droit de l’immigration vient répondre à «de multiples demandes», selon le communiqué publié par Juripop lundi.
D’autres partenaires à connaître
Certes, il s’agit d’une initiative ponctuelle, mais celle-ci permet à d’autres acteurs impliqués dans la démocratisation du droit de se faire connaître. Ceux-ci seront donc aussi présents pour informer la population des services qu’ils offrent à l’année. Il s’agit, en l’occurrence, de la Clinique juridique de Saint-Michel, du Collectif juridique, de la clinique juridique d’Interligne, de la Fondation du Barreau de Montréal, d’À deux mains / Head & Hands et d’Éducaloi.
Me Desjardins, estime que «l’accès à la justice doit être simple, humain et réellement ancré dans la vie des gens. Dans un contexte où les besoins juridiques augmentent, aller à la rencontre du public et lui offrir un premier soutien concret est essentiel pour permettre à chacun de mieux comprendre ses droits.»

