Un Montréalais, ayant subi des blessures mettant sa vie en danger à la suite d’une explosion survenue chez un concessionnaire Ferrari, poursuit ce dernier ainsi que plusieurs autres parties pour un montant de 20,8 millions de dollars, alléguant que l’incident a été causé par «négligence grave, de l’imprudence et une faute intentionnelle».
Selon des documents judiciaires obtenus par CTV News, la voiture qui a explosé chez le concessionnaire était une Ferrari 360 en consignation appartenant à Luc Poirier, un entrepreneur québécois multimillionnaire possédant une vaste collection de voitures italiennes.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le concessionnaire appartient à Gad Bitton, un riche homme d’affaires, philanthrope et président du Holand Automotive Group.
Passionné d’automobile
Passionné d’automobile, Richard Papazian avait versé à Ferrari Québec un dépôt de 20 000$ pour l’achat d’une Ferrari 296 GTS Fiorano en juillet 2022.
Au fil du temps, les documents montrent que M. Papazian avait décidé qu’il souhaitait examiner d’autres options.
Il s’est rendu au concessionnaire Ferrari Québec situé sur la rue Jean-Talon Ouest le 7 août 2024.
Son représentant commercial, Jean-Daniel Bienvenue, cité dans le procès, lui avait proposé de lui montrer d’autres voitures, notamment des Ferrari d’occasion et une Mercedes de la série Black.
M. Bienvenue avait invité M. Papazian au deuxième étage du concessionnaire pour lui montrer une Ferrari 360 Pista Spider de 2004 appartenant à M. Poirier.
Selon la requête, «M. Bienvenue était impatient de la présenter à Richard et, conformément aux pratiques habituelles pour les voitures de sport hautes performances, il souhaitait faire entendre le bruit de son moteur».
M. Bienvenue avait tenté de démarrer le moteur à plusieurs reprises.
Puis, une explosion a éclaté, enveloppant M. Papazian de flammes.
Blessures mettant sa vie en danger
M. Papazian, mari et père de deux enfants, avait été transporté d’urgence au centre des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) dans un état critique, où il a été placé dans un coma artificiel.
Il a subi des brûlures au deuxième et au troisième degré sur plus de 56 % de son corps.
Il a subi plusieurs greffes de peau qui ont échoué, de multiples interventions chirurgicales et a dû être dialysé en raison d’une détérioration de sa fonction rénale.
L’épouse de M. Papazian a pris un congé indéfini pour s’occuper de lui.
Il est sorti du coma environ quatre semaines après l’explosion, mais continue de suivre des séances de rééducation régulières.
«Un véhicule dangereusement compromis»
Selon la requête, après l’explosion, M. Papazian a appris que la rampe d’injection et les injecteurs avaient été retirés du moteur de la voiture de M. Poirier par le technicien en chef Daniel Greco en juillet 2024, plusieurs semaines avant sa visite chez le concessionnaire.
La plainte allègue que cela a été fait «sans prendre aucune précaution pour empêcher quiconque de démarrer le moteur, faisant ainsi de la Ferrari 360 un véhicule dangereusement compromis qui était devenu une bombe à retardement».
Rapport de police largement caviardé
CTV News a obtenu une copie du rapport d’incident rédigé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après l’explosion.
Le rapport conclut que l’incendie était «accidentel» et causé par «une série d’actions humaines» qui ont laissé M. Papazian gravement blessé.
Cependant, plusieurs pages de ce long document sont largement caviardées.
Le SPVM a décliné la demande d’entrevue de CTV News, mais a fourni une déclaration écrite.
«Le SPVM n’est pas en mesure de commenter le procès mentionné dans votre demande. Cette affaire concerne une procédure civile entre des parties privées», a-t-on indiqué.
«En tant qu’organisme de sécurité publique, le SPVM doit s’abstenir de faire toute déclaration qui pourrait être perçue comme influençant, validant ou contredisant des questions actuellement devant les tribunaux. Cela inclut tout commentaire sur les allégations, les preuves ou les arguments juridiques présentés dans le cadre de procédures civiles», a-t-on dit.
Réponse de Ferrari Québec
CTV News a contacté l’avocat représentant Ferrari Québec, Gad Bitton, Jean-Daniel Bienvenue, Daniel Greco et les autres parties citées dans le procès, mais n’a pas reçu de réponse.
Selon le procès, l’entreprise n’a pas remboursé à M. Papazian le dépôt initial de 20 000$ versé pour la Ferrari 296 GTS Fiorano qu’il avait initialement l’intention d’acheter.

