Justice

Des espions iraniens présumés ont comparu à Londres, des journalistes persans ciblés

«Leur objectif ultime était de faire d’une ou de plusieurs de ces cibles des victimes de violences graves, sans doute en guise de représailles pour leurs critiques à l’égard du régime iranien.»

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Un homme agite un drapeau iranien lors d'un rassemblement pro-gouvernemental sur une place de Téhéran, en Iran, mardi 11 août 2026. Photo AP Un homme agite un drapeau iranien lors d'un rassemblement pro-gouvernemental sur une place de Téhéran, en Iran, mardi 11 août 2026. Photo AP (Vahid Salemi)

Trois espions iraniens auraient surveillé des journalistes d’une chaîne d’information persane critique à l’égard du gouvernement théocratique de Téhéran, et le groupe avait prévu de s’en prendre violemment à au moins une de ses cibles, a révélé mardi un procureur britannique.

Mostafa Sepahvand, 41 ans, Farhad Javadi Manesh, 46 ans, et Shapoor Qalehali Khani Noori, 57 ans, ont comparu devant la Woolwich Crown Court pour avoir tenu des agissements susceptibles d’aider les services de renseignement extérieurs iraniens entre août 2024 et mars 2025.

Le procureur Bill Emlyn Jones a déclaré que ceux qui critiquaient l’Iran le faisaient «à leurs risques et périls» et que la chaîne satellite Iran International, basée à Londres, avait été «particulièrement prise pour cible» en raison de son opposition à Téhéran. Il a rappelé aux jurés que l’ancien dirigeant, l’ayatollah Khomeini, avait ordonné la mort de Salman Rushdie en 1989 pour son roman «Les Versets sataniques», et a évoqué la violente agression à l’arme blanche dont l’auteur avait été victime à New York en 2022.

«Dans ce procès, nous nous intéressons aux mesures prises, ici à Londres, pour le compte du régime iranien, visant des journalistes et d’autres personnes considérées comme hostiles, voire simplement critiques, à l’égard du régime iranien», a dit M. Emelyn Jones aux jurés.

«Leur objectif ultime était de faire d’une ou de plusieurs de ces cibles des victimes de violences graves, sans doute en guise de représailles pour leurs critiques à l’égard du régime iranien, et pour tenter de dissuader et de réduire au silence d’autres personnes qui oseraient faire de même.»

Le groupe a espionné Mojtaba Pourmohsen et Kambiz Hosseini, tous deux journalistes pour Iran International, ainsi que Jonathan Turner, membre fondateur de l’association «U.K. Lawyers for Israel», a précisé le procureur.

Les messages échangés au sein du groupe montraient qu’ils connaissaient la couleur et la marque de la voiture de M. Hosseini, ainsi que le nom de son chien.

«Vous pouvez imaginer la peur et le choc psychologique que cela a dû lui causer de découvrir que tous ces détails le concernant, y compris le nom de son chien, étaient connus des services de renseignement iraniens», a dit M. Emlyn Jones.

Des messages lus à l’audience montraient que M. Sepahvand disait à un complice qu’il «éliminerait» une cible pour 150 000 livres sterling. M. Manesh et M. Noori auraient aidé à planifier une attaque.

M. Sepahvand affirme avoir mené cette mission de surveillance pour le compte de l’Iran contre son gré, mais seulement après avoir été menacé, et avoir délibérément mal fait son travail, a indiqué l’accusation. M. Emlyn Jones a rejeté cette affirmation, la qualifiant de «totalement fausse».

M. Manesh et M. Noori ont déclaré qu’ils ignoraient qu’ils travaillaient pour le compte des services de renseignement iraniens.

Les trois accusés ont plaidé non coupables de tous les chefs d’accusation.