Justice

Début du procès d’une Américaine accusée d’avoir rejoint l’État islamique

Halima Salman avait 17 ans lorsqu’elle a rejoint en 2016 une zone contrôlée par l’EI en territoire syrien avec son père, sa mère et huit frères et sœurs.

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Le logo du département de la Justice est visible sur un podium au Bureau du procureur des États-Unis, le 23 octobre 2025, à New York. Photo AP Le logo du département de la Justice est visible sur un podium au Bureau du procureur des États-Unis, le 23 octobre 2025, à New York. Photo AP (Angelina Katsanis)

Le procès d’une Américaine de 27 ans poursuivie pour avoir été entraînée à combattre au sein de l’organisation jihadiste État islamique (EI) en Syrie a démarré mardi devant un tribunal fédéral à New York.

Selon une source judiciaire, c’est la première fois qu’une femme américaine doit répondre de ce type de faits lors d’un procès sur le territoire national.

Une importante jihadiste américaine cheffe de bataillon de l’EI avait été condamnée en 2022 mais sans procès, au terme d’un plaider-coupable.

Halima Salman avait 17 ans lorsqu’elle a rejoint en 2016 une zone contrôlée par l’EI en territoire syrien avec son père, sa mère et huit frères et sœurs.

Là, elle s’est mariée à un combattant de l’organisation, puis à partir de ses 18 ans, a été entraînée et armée avant de rejoindre un bataillon de l’EI, selon l’acte d’accusation.

Elle n’est pas poursuivie pour avoir participé à des combats mais pour avoir «reçu un entraînement de type militaire d’une organisation terroriste étrangère», passible de 10 ans de prison.

En 2019, elle et plusieurs membres de sa famille ont été capturés par des combattants syriens opposés à l’organisation jihadiste et détenus pendant plusieurs années dans un camp.

Rapatriée aux États-Unis en 2024, elle a immédiatement été arrêtée à son arrivée sur le sol américain. Mardi, elle comparaît libre après avoir été remise en liberté sous caution.

Selon son avocat Samuel Jacobson, Halima Salman est avant tout «victime de la décision de son père de l’avoir emmenée, alors qu’elle était mineure, sur le territoire de l’État islamique en Syrie».

Selon lui, son mariage avec un combattant a également été arrangé.

Les éléments de preuve retenus contre elle par l’accusation incluent notamment des photographies récupérées dans le téléphone de son mari, sur lesquelles elle apparaît devant un drapeau de l’EI ou tenant un fusil d’assaut.

Alors que des centaines d’Américains ont tenté de rejoindre l’État islamique, seuls 83 d’entre eux ont effectivement réussi à se rendre en Irak ou en Syrie et rallier l’organisation, selon un rapport publié en 2022 par l’Université George Washington. Ils étaient accompagnés par un nombre de mineurs estimé à entre 12 et 30 au moment du départ.