Justice

Début du procès d'un homme accusé du vol de l'or de l'aéroport Pearson de Toronto

Parmpal Sidhu est accusé de vol d’une valeur supérieure à 5000 $ et de complot en vue de commettre un crime dans le cadre du braquage de 2023.

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Parmpal Sidhu arrive pour son procès à Brampton, en Ontario, le lundi 5 octobre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Parmpal Sidhu arrive pour son procès à Brampton, en Ontario, le lundi 5 octobre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Frank Gunn)

Le ministère public affirme qu’un employé d’Air Canada a fourni un bordereau d’expédition falsifié qui a permis à un autre homme de récupérer plus de 22 M$ en or et en devises dans la zone de fret de l’aéroport Pearson de Toronto, dans ce que les enquêteurs ont qualifié de l’un des plus importants vols d’or de l’histoire du Canada.

Parmpal Sidhu faisait partie des «complices internes» disposant des connaissances et des accès nécessaires pour mener à bien ce vol commis en 2023, a fait valoir lundi la procureure de la Couronne Jelena Vlacic devant un tribunal de Brampton, en Ontario, à l’ouverture du procès de M. Sidhu.

Le procès devrait permettre d’établir que la lettre de transport aérien frauduleuse a été imprimée sur place la veille de l’opération à l’aide du profil de M. Sidhu. La Couronne soutient que c’est lui qui l’a imprimée, a annoncé Mme Vlacic dans son exposé introductif.

Le chauffeur qui est venu chercher l’or disposait d’une lettre de transport aérien pour un envoi de fruits de mer, mais le document avait été modifié à la main pour y inscrire le numéro correspondant à l’envoi d’or, a-t-elle précisé.

La Couronne affirme que le chauffeur est Durante King-Mclean, un Ontarien qui, selon les autorités américaines, s’est enfui vers le sud peu après le braquage.

Il a été arrêté en Pennsylvanie en septembre 2023 et a depuis plaidé coupable de complot en vue de trafic d’armes à feu, ont indiqué des responsables américains.

«La personne qui a fourni ce bordereau d’expédition aérien à M. Durante King-Mclean (…) savait exactement ce dont il avait besoin et ce qui devait être modifié», a remarqué Mme Vlacic.

Lundi, Parmpal Sidhu a plaidé non coupable de vol d’un montant supérieur à 5000 $ et de complot en vue de commettre un crime.

Un casse de moins d’une heure

Le premier témoin de l’accusation, l’agent Clayton Asano, de la Police régionale de Peel, a témoigné au sujet de son rôle dans l’enquête visant à déterminer comment le bordereau d’expédition aérien avait pu passer par le centre de fret.

La cour a visionné une vidéo de surveillance provenant du centre de fret, sur laquelle on voyait un camion blanc reculer dans la zone de chargement, puis le conducteur, vêtu d’un gilet réfléchissant et d’un masque, entrer dans le bâtiment et échanger avec le personnel d’Air Canada.

Le conducteur a remis des documents, dont la lettre de transport, puis un employé muni d’un chariot élévateur est venu chercher la cargaison et a aidé à la charger dans le camion. Le camion est ensuite reparti, l’ensemble de l’opération s’étant déroulé en moins d’une heure, a-t-on appris au tribunal.

Les procureurs ont indiqué que l’identité du conducteur n’était pas contestée dans ce procès.

Lors du contre-interrogatoire, les avocats de Parmpal Sidhu ont demandé à M. Asano si quelqu’un d’autre avait accès à l’ordinateur de leur client ou si des témoins l’avaient vu au terminal à ce moment-là. L’officier a répondu qu’il ne savait pas, car il n’avait pas participé à toutes les étapes de l’enquête.

On lui a également demandé si une analyse graphologique avait été effectuée sur le bordereau d’expédition. M. Asano a répondu par la négative, mais a précisé, lors d’un nouvel interrogatoire mené par le ministère public, qu’une telle analyse avait été envisagée puis écartée, car le bordereau ne comportait pas suffisamment d’écritures ni d’échantillon suffisant pour permettre une comparaison.

Une femme qui occupait le poste de responsable des opérations de fret chez Air Canada au moment du braquage est désormais à la barre.

6600 lingots d’or

Ce procès fait suite à l’abandon par les procureurs des poursuites contre deux autres hommes mis en cause dans cette affaire.

Le mois dernier, la Couronne a retiré les accusations portées contre Ali Raza, un bijoutier qui avait été accusé d’avoir sciemment reçu une partie de l’or volé, et contre Amit Jalota.

Par ailleurs, un homme qui avait reconnu son implication dans le braquage a été condamné ce printemps à quatre ans de prison.

Arsalan Chaudhary, qui avait été arrêté plus tôt dans l’année alors qu’il rentrait de Dubaï en avion, a plaidé coupable de vol d’une valeur supérieure à 5000 $ et s’est vu imposer un délai de 40 ans pour rembourser 22 millions $ à titre de dédommagement.

La police régionale de Peel a indiqué que 6600 lingots d’or pesant plus de 400 kilogrammes avaient été volés à l’aéroport Pearson le 17 avril 2023, pour une valeur de plus de 20 millions $.

L’or et les devises étrangères volés avaient été commandés auprès d’une raffinerie de Zurich, en Suisse, et transportés dans la soute d’un vol Air Canada à destination de Toronto, avait indiqué la police il y a deux ans en dévoilant de nouveaux détails sur l’enquête baptisée «Projet 24K».

L’or et les devises ont ensuite été déchargés et acheminés vers un centre de fret d’Air Canada situé à l’aéroport, a précisé la police.

Plus tard dans la journée, un suspect a présenté une lettre de transport aérien falsifiée aux employés de l’entrepôt, qui ont chargé la marchandise dans son camion de cinq tonnes, selon la police.

Un autre homme mis en cause dans cette affaire, Archit Grover, devrait comparaître devant le tribunal à l’automne.

Paola Loriggio

Paola Loriggio

Journaliste