Daniel Jolivet, ce Montréalais libéré de prison après avoir passé 33 ans derrière les barreaux a été admis à l’hôpital lundi, alors même qu’un juge s’apprêtait à examiner une demande visant à lever la obligation de se présenter régulièrement auprès de deux garants.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Daniel Jolivet a été libéré en décembre dernier après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales eut conclu que cet homme de 68 ans avait peut-être été victime d’une erreur judiciaire après avoir été condamné pour un quadruple meurtre en 1994.
Un juge a accepté de lui accorder la libération sous caution en échange d’une série de conditions, dont l’une stipule qu’il doit rester sous la surveillance de deux garants nommés par le tribunal, chargés de s’assurer qu’il respecte les conditions de sa libération.
Cependant, les deux garants ont déposé une requête jeudi dernier pour demander à être déchargés de leurs fonctions pour des raisons qui n’ont pas été rendues publiques.
M. Jolivet aurait pu être menotté lors de sa comparution devant le tribunal lundi et renvoyé en prison, mais il a plutôt été admis dans un hôpital psychiatrique de Montréal, selon son avocat, Nicholas St-Jacques.
Le sort de M. Jolivet est entre les mains du ministre fédéral de la Justice, qui devra décider s’il ordonne un nouveau procès pour M. Jolivet, s’il renvoie son dossier à la Cour d’appel du Québec, ou s’il ne prend aucune mesure et laisse M. Jolivet en liberté.
L’attente de cette décision depuis le 19 décembre 2025 pèse lourdement sur lui, a indiqué son avocat à CTV News lundi soir.
«Vivre dans l’incertitude est très difficile pour une personne comme M. Jolivet. Il attend toujours de savoir s’il va retourner en détention pour le reste de sa vie ou s’il pourra continuer à vivre sa vie à l’extérieur des murs, vous voyez. C’est donc très stressant et cela suscite beaucoup d’anxiété; je pense que tout cela affecte son état mental», a expliqué M. St-Jacques.
Une décision dans cette affaire pourrait prendre jusqu’à 12 mois, mais il a dit espérer qu’elle intervienne bien plus tôt.
Vivre à l’extérieur et s’adapter à un nouveau monde n’a pas été facile, a déclaré M. St-Jacques.
«Vous savez, 33 ans en détention, ça laisse beaucoup de blessures», a ajouté l’avocat.
«Ce qu’il ressent est compliqué. On pourrait penser qu’il est très heureux d’être à l’extérieur un jour donné, [mais] ce n’est peut-être pas le cas dans sa tête, vous savez, parce qu’il ressent toutes ces émotions différentes en même temps, donc c’est très compliqué.»
L’affaire de M. Jolivet sera de nouveau portée devant les tribunaux dès sa sortie de l’hôpital.

