Justice

Comparution de l'homme accusé d'avoir orchestré l'assassinat de Tupac en 1996

Duane «Keffe D» Davis est poursuivi pour un seul chef d’accusation: meurtre avec une arme mortelle dans l’intention de promouvoir, de favoriser ou d’aider un gang criminel.

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Duane Davis, à droite, s'entretient avec l'avocat Michael Sanft lors de sa comparution devant le tribunal de grande instance pour une audience préliminaire, mardi 28 juillet 2026, à Las Vegas. Photo de Las Vegas Review-Journal via AP Duane Davis, à droite, s'entretient avec l'avocat Michael Sanft lors de sa comparution devant le tribunal de grande instance pour une audience préliminaire, mardi 28 juillet 2026, à Las Vegas. Photo de Las Vegas Review-Journal via AP (Sam Morris)

L’homme qui, selon le parquet, aurait orchestré l’assassinat en 1996 de l’icône du rap Tupac Shakur doit comparaître lundi, près de 30 ans après la fusillade mortelle survenue à Las Vegas depuis une voiture en marche.

Duane «Keffe D» Davis, 63 ans, est poursuivi pour un seul chef d’accusation : meurtre avec une arme mortelle dans l’intention de promouvoir, de favoriser ou d’aider un gang criminel dans le cadre de la mort de Shakur. Il est incarcéré depuis fin 2023 et a plaidé non coupable.

Depuis des décennies, le meurtre non élucidé de Tupac tient en haleine les admirateurs de hip-hop. Il est considéré comme l’un des rappeurs les plus influents de tous les temps, avec des chansons qui évoquent l’expérience humaine de l’amour, du chagrin et des relations familiales. À sa mort, Tupac était au cœur d’une lutte acharnée pour la domination d’une scène musicale de plus en plus marquée par des gangs rivaux.

Le procès, qui devrait durer environ un mois, ne permettra probablement pas de révéler qui a appuyé sur la gâchette. Les procureurs espèrent plutôt prouver que Davis était le commanditaire et qu’il a fourni l’arme. Les coups de feu provenaient de la Cadillac dans laquelle se trouvait Davis, et il est l’une des seules personnes présentes cette nuit-là à être encore en vie. Selon les procureurs, si Davis n’avait pas écrit explicitement sur ce meurtre, ni n’en avait parlé lors d’entrevues, personne n’aurait probablement été inculpé.

Le 7 septembre 1996, Tupac était assis sur le siège passager d’une BMW noire, tandis que Marion «Suge» Knight, cofondateur de Death Row Records, était au volant. Ils venaient d’assister au K.O. de Bruce Seldon par Mike Tyson et se rendaient dans une boîte de nuit où Tupac devait se produire. Mais à un feu rouge près du Strip de Las Vegas, une Cadillac blanche s’est arrêtée à leur hauteur, et des coups de feu ont éclaté.

Tupac a été touché à plusieurs reprises et est décédé six jours plus tard, tandis que Knight a survécu avec des blessures légères. Knight purge actuellement une peine de 28 ans de prison pour un délit de fuite ayant entraîné la mort.

L’affaire était restée au point mort jusqu’à ce que Davis commence à faire des déclarations publiques sur son implication en tant que chef des South Side Compton Crips. En 2019, il a publié un livre de mémoires sans tabou. Cet ouvrage, associé aux entrevues accordées par Davis, a relancé l’enquête policière.

Les avocats de la défense de Davis soutiennent qu’il n’existe aucune preuve qu’il ait ordonné la fusillade et que l’accusation s’appuie sur des témoins qui n’étaient pas présents sur les lieux. La défense a indiqué que Davis avait quitté le trafic de stupéfiants en 2009 et occupait un emploi stable avant qu’une maladie ne le contraigne à prendre sa retraite en 2014.

Pour la famille de Tupac, ces trente dernières années ont été épuisantes et stressantes, a déclaré son demi-frère, Maurice «Mopreme» Shakur. Assister au procès sera une nouvelle épreuve traumatisante, a-t-il ajouté, mais il se dit «prudemment optimiste» quant à l’aboutissement de la justice.

«J’espère que le procès sera équitable et que nous découvrirons la vérité», a-t-il dit.

Des centaines de pages de procès-verbaux du grand jury décrivent la fusillade dont Tupac Shakur a été victime comme l’aboutissement d’une querelle de longue date entre des maisons de disques rivales — Death Row Records et Bad Boy Records — et des factions de gangs rivaux, les Mob Piru et les South Side Compton Crips.

Des témoins ont déclaré que les South Side Compton Crips fréquentaient Bad Boy Records et lui assuraient une protection. Cette maison de disques, fondé par Sean «Diddy» Combs, comptait parmi ses artistes des rappeurs tels que The Notorious B.I.G., de son vrai nom Christopher Wallace. Les Mob Piru, qui font partie du gang plus vaste des Bloods, étaient associés à Death Row Records, qui comptait dans ses rangs des rappeurs tels que Shakur, Snoop Dogg et Dr. Dre.

Les gangs rivaux se sont affrontés et ont mené des représailles les uns contre les autres, tant avant qu’après la mort de Tupac.

Les procureurs affirment que Davis a orchestré la fusillade pour se venger après que Tupac et son entourage eurent passé à tabac le neveu de Davis, Orlando «Baby Lane» Anderson, au MGM Grand, quelques heures avant que Tupac ne soit tué.