Trois médias ont renforcé leur plainte judiciaire contre la Maison-Blanche concernant l’accès à l’information, affirmant que celle-ci continue de défier les ordonnances d’un juge en refusant de les autoriser à reprendre la couverture du président Donald Trump dans le bureau ovale et à bord d’Air Force One — violant ainsi leur droit à la liberté d’expression.
CNN, MSNOW et Politico ont déclaré mercredi que le président exerçait des représailles à leur encontre en raison de reportages qui lui déplaisaient, ce qui enfreint les ordonnances précédentes du juge fédéral Timothy Kelly, qui exigeaient que l’administration autorise les journalistes de ces médias à réintégrer pleinement le groupe de journalistes couvrant le président.
Même après ces ordonnances, la Maison-Blanche continuait d’empêcher les journalistes de ces médias de couvrir M. Trump «précisément dans les lieux où le président interagit le plus fréquemment avec la presse», a argué Theodore J. Boutrous Jr., l’avocat de ces médias, dans un communiqué.
La dernière requête déposée demande au tribunal de rendre ces ordonnances précédentes permanentes.
La question est de savoir si le président, ou quiconque, peut sanctionner des médias en raison du contenu de leurs reportages. Les organes de presse affirment qu’une telle pratique constitue une «discrimination fondée sur les opinions», interdite par les garanties de liberté d’expression du Premier amendement.
Le président Trump insiste sur le fait qu’il n’est pas tenu d’autoriser l’accès à la Maison-Blanche, à Air Force One ou à d’autres lieux aux médias dont il n’apprécie pas les reportages. Jeudi matin, la Maison-Blanche n’avait pas encore répondu à la requête modifiée.
«Chaque organe de presse court désormais le risque de subir une sanction similaire pour une couverture que le président juge insuffisamment favorable, ont écrit les médias. Et le public est privé d’informations actuelles et complètes sur son gouvernement.»
Ce mémoire intervient environ deux semaines après que le juge Kelly eut estimé que CNN, MS NOW et Politico avaient de bonnes chances d’obtenir gain de cause dans cette affaire exceptionnelle opposant le président aux médias qui le couvrent.
Le juge Kelly avait élargi une décision provisoire antérieure selon laquelle l’administration avait violé le droit des médias à une procédure régulière, garanti par le cinquième amendement. Le 13 octobre, le juge Kelly s’était également rangé du côté d’un deuxième argument avancé par les médias: l’interdiction prononcée par M. Trump portait atteinte à leur droit à la liberté d’expression, garanti par le Premier amendement.
Le juge Kelly avait rejeté l’argument du président Trump selon lequel cette interdiction était motivée par des objectifs politiques, tels que la protection de la sécurité nationale. Il a estimé que cette interdiction résultait de la conviction affichée par M. Trump selon laquelle les reportages de ces médias étaient inexacts et partiaux.
«En termes simples, a écrit le juge Kelly. Il s’agit d’une discrimination illégale fondée sur les opinions» — le gouvernement prenant des mesures contre des types de discours ou de couverture médiatique qu’il n’apprécie pas.